Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407694

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407694
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARLU JEAN-MARC PETIT-AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur des requêtes en excès de pouvoir, a examiné des demandes visant à contraindre le maire de Val d'Isère à dresser un procès-verbal d'infraction et à prendre un arrêté interruptif de travaux. La demande relative au procès-verbal a été déclarée sans objet, le maire l'ayant déjà établi. Concernant l'arrêté interruptif, le juge a rejeté la demande, estimant qu'elle était dépourvue d'urgence et d'utilité, les travaux étant interrompus et un permis de construire modificatif ayant régularisé la situation. La décision s'appuie sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative et les dispositions du code de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- les ordonnances du juge des référés n°2404885-2404891 du 26 juillet 2024, n°2406133 du 17 septembre 2024 et n°2407929 du 19 novembre 2024 ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

- la décision du président du tribunal désignant Mme B comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Il y a lieu de joindre les requêtes n° 2407694 et n° 2407888, qui présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

Sur les conclusions tendant à enjoindre au maire de la commune de Val d'Isère de dresser un procès-verbal d'infraction et d'en transmettre copie au procureur de la république :

3. Il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation du maire de Val d'Isère du 24 octobre 2024 que celui-ci a fait établir le 21 octobre 2024 postérieurement à l'introduction des requêtes, un procès-verbal d'infraction de travaux réalisés par Mme D et en a transmis copie au procureur de la république. La demande des requérants tendant à ce que le juge des référés ordonne au maire de la commune de Val d'Isère de dresser un procès-verbal d'infraction relatif aux travaux en litige et d'en transmettre copie au procureur de la république est ainsi devenue sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions tendant à enjoindre au maire de la commune de Val d'Isère de prendre un arrêté interruptif de travaux et d'en transmettre copie au procureur de la république :

4. En premier lieu, il est constant qu'au jour de la présente ordonnance, aucun arrêté interruptif de travaux n'est intervenu à la suite du procès-verbal d'infraction. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Val d'Isère ne peut être accueillie.

5. En deuxième lieu, par une ordonnance n°2407929 rendue le 19 novembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a mis fin à la suspension de l'exécution du permis de construire délivré le 15 février 2024 à Mme D à la suite d'un élément nouveau apporté et notamment le permis de construire modificatif délivré par le maire de Val d'Isère le 14 octobre 2024. Ce permis de construire modificatif régularise les vices retenus par le juge des référés dans l'ordonnance n°2404885-2404891 du 26 juillet 2024. Par ailleurs, par ordonnance n°2407929 du 19 novembre 2024, le juge des référés a considéré qu'aucun des moyens invoqués par le syndicat des copropriétaires Le Slalom et M. A et G, notamment la méconnaissance de l'article Uc 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune n'était, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire modificatif délivré le 14 octobre 2024.

6. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, notamment du compte-rendu du chantier du 30 juillet 2024 et des attestations de l'entreprise Costerg et du maître d'œuvre du chantier que les travaux ont été interrompus le 29 juillet 2024. Le constat d'huissier du 26 septembre 2024 et les photographies produites par les requérants ne permettent pas de remettre sérieusement en cause cette interruption, en particulier après la notification à Mme D le 31 juillet 2024 de l'ordonnance n°2404885 n°2404891 du 26 juillet 2024 du juge des référés. Ainsi, le maire de Val d'Isère ne se trouve pas en situation de compétence liée pour prendre un arrêté interruptif de travaux en application des dispositions du 10ième alinéa de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme.

7. Dans ces conditions, la demande des requérants tendant à ce que le juge des référés enjoigne au maire de Val d'Isère de prescrire l'interruption des travaux ne présente pas un caractère d'urgence et est dépourvue d'utilité. Par suite, les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 aux fins d'enjoindre au maire de la commune de Val d'Isère de prendre un arrêté interruptif de travaux et d'en transmettre copie au procureur de la république ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais de procès :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accueillir les conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions des requêtes aux fins d'enjoindre au maire de la commune de Val d'Isère de dresser un procès-verbal d'infraction en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme et d'en transmettre copie au procureur de la république.

Article 2 :Le surplus des conclusions des requêtes n°2407694 et n°2407888 est rejetée.

Article 3 :

Les conclusions de Mme D et de la commune de Val d'Isère tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires Le Slalom, à M. F A, à M. C G, à la commune de Val d'Isère, à Mme E D et au préfet de la Savoie.

Fait à Grenoble, le 2 décembre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407694-2407888