Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407715

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407715
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de Mme A tendant à obtenir la communication de son dossier de titre de séjour. Le juge estime que la mesure n’est pas utile, car la requérante a déjà connaissance des éléments de fait et de droit motivant le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français, et que l’opportunité d’un recours n’en dépend pas. L’urgence n’est pas davantage établie, l’expiration prochaine du délai de recours ne justifiant pas une telle communication préalable. La requête est donc rejetée, y compris les conclusions au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024, Mme A, représentée par Me De Poulpiquet de Brescanvel, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet de la Haute-Savoie de communiquer la copie intégrale, pièces comprises, de son dossier de demande de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le délai de recours contre le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français expirent le 20 octobre 2024, soit dans 12 jours ; elle justifie de l'urgence qui s'attache à sa demande ;

- l'utilité de la mesure pour la requérante est incontestable : elle lui permettra de juger de l'opportunité de son recours ;

- La mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision " L'article L. 522-3 du même code dispose toutefois que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Par arrêté du 16 septembre 2024, le préfet de la Haute-Savoie a refusé la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme A et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.

3. En premier lieu, si Mme A soutient que la communication des pièces de son dossier en préfecture lui permettrait de juger de l'opportunité de contester en justice l'arrêté du préfet, d'une part, l'opportunité d'un recours pour excès de pouvoir ne dépend que de l'analyse et de la contestation des motifs de droit et de fait qui fondent la décision et non de la connaissance des pièces d'un dossier administratif ; d'autre part, les motifs de l'arrêté ne font référence qu'à des circonstances de la vie privée et familiale de Mme A - dépôt de plainte et jugement correctionnel, dont elle a nécessairement connaissance. La contestation de ces éléments ne dépend pas davantage de la communication des pièces du dossier. Par suite, elle ne justifie pas de l'utilité de la mesure demandée.

4. En second lieu, s'agissant de l'urgence, la circonstance que le délai de recours contre l'arrêté du 16 septembre 2024 expire dans 12 jours n'est pas de nature à démontrer l'existence d'une situation d'urgence dès lors que le dépôt d'une requête en excès de pouvoir avant l'expiration du délai de recours n'est pas subordonné à la connaissance préalable des pièces du dossier administratif en possession du préfet de la Haute-Savoie.

5. Il résulte de ce qui précède que les conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'étant pas réunies, la requête de Mme A peut être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.

Fait à Grenoble, le 11 octobre 2024.

Le juge des référés,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.