Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407753

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407753
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de M. A C, ressortissant algérien. Le juge a estimé que la condition d'urgence, nécessaire pour obtenir une suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'était pas remplie. Il a relevé que l'intéressé, qui ne justifiait d'aucune démarche antérieure de régularisation, bénéficiait d'un récépissé valable jusqu'en janvier 2025 et n'établissait pas de circonstances particulières justifiant une mesure provisoire immédiate. La requête a été rejetée par ordonnance motivée sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, M. B D A C, représenté par Me Aldeguer, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de l'Isère sur sa demande du 14 septembre 2023 de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer son dossier ou de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse :

o est entachée d'un défaut de motivation ;

o est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

o est entachée d'une méconnaissance manifeste de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- sa situation est urgente ;

Vu :

* les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2407026, enregistrée le 16 septembre 2024, par laquelle M. A C demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Le même code dispose à son article L. 522-1 que : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; à son article L. 522-3 que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " et, enfin, à son article R. 522-1que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;

3. La condition d'urgence qui justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif est remplie lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. M. A C, ressortissant algérien expose qu'il vit en France depuis 2013, sans toutefois faire état d'une quelconque démarche visant à la régularisation de son droit au séjour en France. Il se borne à indiquer pour soutenir que sa situation est urgente que sa demande de titre de séjour bien que formée depuis plus d'un an n'a toujours pas reçu de réponse explicite et qu'il est condamné à la précarité par le silence de l'administration. Pour autant, un récépissé de demande de titre de séjour autorisant M. A C à séjourner sur le territoire français jusqu'en janvier 2025 lui a été délivré. Dans ces circonstances M. A C ne fait pas état de circonstances particulières justifiant que lui soit accordée à très bref délai une mesure provisoire.

5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction et sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Les conclusions à fin de suspension de la décision litigieuse de M. A C devant être rejetées, la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution et l'Etat n'est pas la partie perdante. Il s'ensuit doivent également rejetées, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction, et d'autre part, celles tendant à la condamnation de l'Etat en l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Fait à Grenoble, le 14 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24077532