Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407779

lundi 6 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407779
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, par une ordonnance du 6 janvier 2025, a rejeté la requête de Mme A comme manifestement irrecevable. Celle-ci demandait au juge de constater l'absence de base légale de son emploi de responsable administratif et financier et d'enjoindre à la commune de Mens de nommer un secrétaire général de mairie. Le tribunal a rappelé qu'il ne peut se substituer à l'administration et que les conclusions présentées ne relevaient ni du recours pour excès de pouvoir ni du plein contentieux. La requête a été rejetée sur le fondement des articles R. 222-1 (4°) et R. 411-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, Mme B A demande au tribunal :

- de dire que l'emploi de responsable administrative et financier actuellement occupé n'a pas de base légale ;

- d'enjoindre à la commune de Mens de régulariser la situation en nommant un agent exerçant les fonctions de secrétaire général de mairie conformément à la loi n°2023-1380 du 30 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () " L'article R. 411-1 du même code dispose que : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

2. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

3. En l'espèce, Mme A demande au tribunal à titre principal de " dire que l'emploi de responsable administratif et financier actuellement occupé n'a pas de base légale () ". Ces conclusions ne relevant ni du recours pour excès de pouvoir, ni du plein contentieux sont irrecevables.

4. La présente ordonnance ne nécessitant aucune mesure d'application, les conclusions à fin d'injonction de Mme A ne peuvent également qu'être rejetées.

5. La requête de Mme A est ainsi entachée d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être régularisée qui dispense le tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Il y a lieu, dès lors de la rejeter en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Grenoble le 6 janvier 2025.

Le président de la 1ère chambre,

P. Thierry

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407779