Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407786
vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407786 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, Mme A demande au juge des référés d'ordonner au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'instruire sa demande de prolongation de titre de séjour dans un délai raisonnable et de lui accorder un rendez-vous en préfecture dans les plus brefs délais afin de lui permettre de régulariser sa situation.
Elle soutient que son titre de séjour a expiré depuis plus d'un mois et que malgré ses multiples tentatives pour obtenir une réponse de la préfecture, elle demeure sans réponse. Le préfet a porté une atteinte manifestement grave et illégale à une liberté fondamentale de travailler et de mener une vie privée et professionnelle normale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose que le juge des référés peut rejeter par une ordonnance motivée, sans procédure contradictoire écrite ou orale, une requête manifestement mal fondée ou ne présentant pas un caractère d'urgence.
2. Il résulte de l'instruction que Mme A, de nationalité albanaise, est titulaire d'un visa de long séjour valant titre de séjour valable du 3 septembre 2023 jusqu'au 2 septembre 2024. Elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 2 juillet 2024 et le préfet lui a délivré une attestation de confirmation de dépôt d'une demande de renouvellement. Elle a déposé une demande d'autorisation de travail le 16 septembre 2024 qui reste au stade de l'instruction en raison de l'absence de titre de séjour valable ou de récépissé de demande de titre de séjour.
3. Toutefois, Mme A saisit le juge des référés le 10 octobre 2024 alors que son titre de séjour a expiré le 2 septembre 2024. Par suite, elle est en partie à l'origine de l'urgence qu'elle invoque et ne justifie pas d'une urgence justifiant le prononcé d'une mesure à très bref délai sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, pour obtenir un rendez-vous en préfecture. En revanche, il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de saisir le juge des référés des mêmes conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Elle peut également saisir le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision implicite du préfet refusant de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A.
Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 11 octobre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.