Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407845

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407845
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A, un étudiant majeur arrivé en France à l'âge de 3 ans, qui demandait une injonction pour obtenir un rendez-vous en préfecture afin de déposer une demande de titre de séjour. Le tribunal a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de l'Isère avait délivré un rendez-vous à l'intéressé. En conséquence, la demande d'injonction a été jugée sans objet et il n'y a pas été statué. L'État a toutefois été condamné à verser 600 euros à M. A au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 octobre 2024, M B A, représenté par Me Kummer, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer une convocation dans les 15 jours, afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour en application des dispositions des articles L. 911-1 du code de justice administrative et R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : il est arrivé en France à l'âge de 3 ans et demi avec ses parents ; depuis, il vit de manière régulière et continue avec ses parents ; il est scolarisé et poursuit des études supérieures ; alors qu'il était titulaire d'un document de circulation pour étranger mineur, ce dernier a expiré le 26 mai 2024 ; il a besoin d'un titre de séjour pour justifier de la régularité de son séjour et notamment pour assurer la poursuite de ses études et se présenter à l'examen de permis de conduire ; il ne parvient pas à obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour et ce malgré ses nombreuses tentatives ; il a également tenté de joindre la préfecture, en vain ;

- la mesure est utile pour assurer ses droits et mettre fin à la situation d'urgence ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire enregistré le 24 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

L'urgence n'est plus caractérisée ; il a, en effet, délivré à l'intéressé un rendez-vous aux fins qu'il puisse déposer un dossier de demande de première demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.

2. M B A a saisi le juge des référés sur le fondement de ces dispositions afin qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de le convoquer pour un rendez-vous lui permettant de déposer une demande de titre de séjour dans les quinze jours. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de l'Isère a toutefois informé le juge des référés qu'il avait délivré un rendez-vous à M. A le 15 novembre 2024. Il produit, d'ailleurs, la convocation à ce rendez-vous. Dans ces circonstances, la demande de M. A a perdu son objet et il n'y a plus lieu, dès lors, de statuer sur ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentée par M. A.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 25 octobre 2024.

Le juge des référés,

C. VIAL-PAILLER

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.