Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407860

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407860
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A B d'une demande d'injonction visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour le renouvellement de son titre de séjour, en raison d'une situation d'urgence liée à la perte imminente de son droit au séjour et à son activité professionnelle. En cours d'instance, le requérant s'est désisté après que la préfecture de l'Isère lui a accordé un rendez-vous le 18 octobre 2024. Le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple, sans se prononcer sur le fond ni sur les textes applicables (accord franco-tunisien de 1988 et code de l'entrée et du séjour des étrangers).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 et 16 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Alampi, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous en préfecture, dans un délai de 8 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, pour l'enregistrement de sa demande de de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : il vit en France depuis 10 ans ; à compter du 23 octobre 2024, et ce malgré ses tentatives de prise de rendez-vous pour déposer sa demande depuis le 9 juillet 2024, il va se retrouver sans titre de séjour, ce qui mettra en péril son activité professionnelle qu'il exerce depuis 4 ans ;

- la mesure est utile pour assurer les droits du requérant et mettre fin à la situation d'urgence.

Par un mémoire, enregistré le 17 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Alampi, conclut au non-lieu à statuer et à audiencer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.

2. Par un mémoire, enregistré le 17 octobre 2024, M. A B conclut au non-lieu à statuer, la préfecture de l'Isère lui ayant communiqué un rendez-vous en préfecture le 18 octobre 2024 en vue du renouvellement de son titre de séjour. Ces conclusions aux fins de non-lieu à statuer doivent être regardées comme un désistement. Le désistement de M. A B est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de M. A B.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 17 octobre 2024.

Le juge des référés,

C. VIAL-PAILLER

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.