Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407906
mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407906 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2024, M. D A C, représenté par Me Terrasson, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de regroupement familiale présentée en faveur de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, d'admettre son épouse au bénéfice du regroupement familial ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, l'ensemble dans les trente jours qui suivront la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte définitive de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. M. A C, ressortissant guinéen né le 5 novembre 2000, s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire d'un an valable jusqu'au 24 avril 2024 et en cours de renouvellement. Le 26 décembre 2023, il a déposé une demande de regroupement familial en faveur de son épouse. Le silence gardé par le préfet de l'Isère sur cette demande durant six mois a fait naître une décision implicite de rejet, dont M. A C demande la suspension.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision contestée, M. A C se prévaut de l'état d'angoisse et de détresse psychologique dans lequel lui et son épouse se trouveraient du fait de leur séparation depuis près d'un an. Toutefois, outre qu'il n'établit pas réalité de son mariage dont il ne précise même pas la date ni le lieu, le certificat médical qu'il produit le concernant, daté du 10 octobre 2024, fait seulement état d'un suivi psychologique sans en préciser la cause. Le certificat médical concernant son épouse, daté du 30 septembre 2024 et émanant d'un médecin généraliste de Conakry, se borne quant à lui à relater les dires de l'intéressée quant à un état de stress du fait de l'attente de la décision du préfet sur la demande de regroupement familial. Il ne démontre pas que l'état de santé de cette dernière nécessiterait la présence à ses côtés de son époux dans un bref délai. Si le requérant fait valoir également que la séparation est susceptible de perdurer jusqu'à l'intervention d'une décision du juge du fond, il ne justifie pas de l'impossibilité pour lui de se rendre en Guinée ou pour son épouse d'obtenir des visas pour venir en France. Dans ces circonstances, la condition de l'urgence n'est pas remplie et la requête de M. A C doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A C.
Fait à Grenoble, le 16 octobre 2024.
Le juge des référés,
V. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.