Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407958

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407958
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B A, qui demandait la condamnation de l'État à lui verser 20 000 euros pour son placement en centre de rétention administrative. Le tribunal a estimé que la demande, fondée sur l'illégalité de ce placement, relevait de la compétence du juge judiciaire, seul habilité à connaître des actions en responsabilité liées aux décisions de rétention. En application des articles L. 740-1 et L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée pour incompétence de la juridiction administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des conséquences dommageables du placement en centre de rétention administrative dont il a fait l'objet du 19 au 21 juillet 2023 ;

2°) d'assortir cette condamnation d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Aux termes de l'article L. 740-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, placer en rétention un étranger pour l'exécution de la décision d'éloignement dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 741-10 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge judiciaire, seul compétent pour apprécier de la légalité des décisions préfectorale de placement en rétention administrative d'un étranger, de connaître des actions en responsabilité dirigées contre l'Etat à raison de l'illégalité d'une telle mesure. Par suite, la demande indemnitaire présentée par M. A fondée sur l'illégalité du placement en rétention pour une durée de 48 heures dont il a fait l'objet en exécution d'un arrêté du préfet de la Savoie du 18 juillet 2023, doit être rejetée comme étant portée devant un ordre de juridictions incompétent pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme étant portée devant un ordre de juridictions incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Grenoble, le 23 octobre 2024.

Le président,

V. L'HÔTE

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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