Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407985

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407985
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Grenoble, rendue en référé sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative, concerne une demande de suspension d'un refus implicite de titre de séjour pour un membre de famille de citoyen de l'Union européenne. La requérante s'est désistée de ses conclusions principales à fin de suspension et d'injonction, désistement auquel le tribunal a donné acte. En revanche, l'État a été condamné à verser 1 000 euros à la requérante au titre des frais de justice (article L.761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024 Mme A C épouse B, représentée par Me Combes, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du préfet de l'Isère par laquelle il lui a implicitement refusé la délivrance d'un titre de séjour en tant que membre de la famille d'un citoyen de l'Union Européenne ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère :

- soit de lui délivrer un titre de séjour en tant que membre de la famille d'un citoyen de l'Union Européenne dans un délai d'un mois à compter de l'intervention de la décision, et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'intervention de la décision, sous astreinte de 200 euros par jour,

- soit de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie : son contrat de travail à durée indéterminée ayant été suspendu, elle est privée de ressources depuis le 2 octobre 2024. Elle est désormais convoquée à un entretien préalable à son licenciement le 23 octobre 2024 ;

- le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travailler, au droit au respect de sa vie privée, au droit de mener une vie familiale normale et à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le préfet de l'Isère au rejet de la requête et demande ;

Il fait valoir qu'il a délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction.

Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2024, Mme C Épouse B a déclaré se désister de ses seules conclusions aux fins de suspension et d'injonction.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 18 octobre 2024 à 14h15.

Le rapport de M. Thierry, juge des référés a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Par le mémoire susvisé, Mme C Épouse B a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

Sur les conclusions relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros qu'il paiera à Mme C Épouse B, au titre des frais non compris dans les dépens que cette dernière a exposés.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte à Mme C Épouse B du désistement de ses conclusions à fin à fin de suspension et d'injonction.

Article 2 :L'Etat versera à Mme C Épouse B une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C Épouse B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24079852