Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408112
vendredi 15 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408112 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2024, M A B demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : il se trouve dans l'impossibilité de prendre rendez-vous pour effectuer sa demande de renouvellement de titre de séjour ; l'impossibilité de déposer une demande d'admission au séjour empêche toute instruction de son dossier et le maintient en situation irrégulière, l'exposant au risque d'une mesure d'éloignement ;
- la mesure est utile pour assurer les droits du requérant et mettre fin à la situation d'urgence ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2024, le préfet conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- Au vu de l'article 1 de l'arrêté du 1er juillet 2024, le requérant, étant en possession d'un titre de séjour portant la mention " certificat de résidence algérien " valable dix ans et prévu aux articles 7 bis et 7 ter de l'accord franco- algérien, se doit de déposer sa demande de titre de séjour sur la plateforme ANEF. Une attestation de prolongation lui sera délivrée à son dépôt et aura pour effet d'ouvrir l'instruction de la demande ainsi que de prolonger son droit au séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
2. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er juillet 2024 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : [] 4° A compter du 4 juillet 2024, les demandes de renouvellement du certificat de résidence valable dix ans prévu aux articles 7 bis et 7 ter de l'accord franco-algérien relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles du 27 décembre 1968 modifié ; "".
3. Aux termes de l'article R. 431-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux demandes de titre de séjour par l'intermédiaire d'un téléservice : " Les personnes qui ne sont pas en mesure d'effectuer elles-mêmes le dépôt en ligne de leur demande bénéficient d'un accueil et d'un accompagnement leur permettant d'accomplir cette formalité. / En outre, une solution de substitution, prenant la forme d'un accueil physique permettant l'enregistrement de la demande, est mise en place pour l'étranger qui, ayant accompli toutes les diligences qui lui incombent, notamment en ayant fait appel au dispositif d'accueil et d'accompagnement prévu à l'alinéa précédent, se trouve dans l'impossibilité constatée d'utiliser le téléservice pour des raisons tenant à la conception ou au mode de fonctionnement de celui-ci ".
4. En l'espèce, il résulte des éléments produits par M B à l'appui de sa requête qu'il a engagé des démarches pour le renouvellement de sa carte de résident avant son expiration, le 16 septembre 2024, et a tenté en vain à de nombreuses reprises, d'obtenir un rendez-vous en préfecture de l'Isère à cette fin. Toutefois, il lui appartient depuis le 1er juillet 2024 de déposer sa demande de renouvellement par le moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur le site de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), et non plus en préfecture. M B n'invoque pas, par ailleurs, le bénéfice des dispositions de l'article R. 431-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, sa demande tendant à ce qu'il soit ordonné au préfet de l'Isère de lui donner une date de rendez-vous pour qu'il puisse procéder au renouvellement de son titre de séjour est dépourvue d'utilité. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1: La requête de M B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 15 novembre 2024.
Le juge des référés,
C. VIAL-PAILLER
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.