Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408135
jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408135 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024, M. A B, mineur représenté par son frère majeur M. D B, et assisté par Me Ozeki, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de la Drôme d'enregistrer sa demande de prolongation de son visa de court séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler et à voyager, dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'impossibilité de retourner au Liban en sécurité et que le refus d'enregistrer sa demande de prolongation porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et de venir et au droit de mener une vie privée et familiale normale, ainsi qu'au droit d'exercer les libertés reconnues aux étrangers en situation irrégulière.
Par un mémoire enregistré le 24 octobre 2024 à 10 heures 01, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'il n'est porté aucune atteinte à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Berot-Gay, greffier d'audience, M. C a lu son rapport et entendu les observations de Me Ozeki, représentant M. B, après avoir laissé à cette dernière le temps de prendre connaissance du mémoire du préfet de la Drôme.
Considérant ce qui suit :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
3. Il résulte de l'instruction qu'il est toujours possible d'effectuer quotidiennement un vol aérien entre la France et le Liban avec la compagnie libanaise MEA. La circonstance qu'il s'agisse d'un vol avec escale à Paris dans le cas d'un départ de Lyon ne fait pas obstacle à ce que M. A B puisse bénéficier d'un tel trajet dans la mesure où les compagnies aériennes prennent en charge de manière spécifique les mineurs non accompagnés. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que M. D B ne pourrait conduire son frère à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle afin de permettre à ce dernier de prendre un vol direct pour Beyrouth. Enfin, et en tout état de cause, en sa qualité de mineur, M. A B ne pourrait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
4. Dans ces circonstances, la condition d'urgence n'est pas remplie et le surplus des conclusions de la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.
Fait à Grenoble, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
S. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.