Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408243
lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408243 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, la commune de Valence, représentée par Mme G, première adjointe au maire, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de donner son avis sur les mesures permettant d'éviter la survenance de désordres sur les propriétés voisines du bâtiment de la Bourse du travail, qui va faire l'objet de travaux de rénovation.
Elle soutient que cette expertise sera utile pour préserver les droits de toutes les parties concernées.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. / () ".
2. L'expertise sollicitée par la commune de Valence, aux fins de décrire l'état des bâtiments avoisinants la Bourse du travail et de donner son avis sur les mesures propres à éviter toutes dégradations de ces bâtiments du fait de ces travaux, entre dans le champ d'application des dispositions précitées et présente un caractère utile. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er ci-après de la présente ordonnance.
3. Il n'appartient pas au juge des référés d'autoriser une partie à effectuer des travaux de protection sous le contrôle de l'expert, quand bien même de telles mesures et de tels travaux seraient nécessaires à la sécurité publique ou à la poursuite de l'affectation de l'ouvrage à sa destination. Par suite, les conclusions en ce sens de la commune de Valence, qui n'entrent pas dans les prévisions des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : M. L D domicilié 8 rue Yves Chaze 26 200 Montélimar est désigné comme expert avec pour mission de :
1° - se rendre sur les lieux concernés par les travaux de rénovation de la Bourse du travail, en particulier les parcelles cadastrées AB 57, AB 59, AB 62, AB 63 et AB 64 ;
2° - recueillir et consigner les explications des parties, prendre connaissance des documents de la cause, se faire remettre par les parties ou par des tiers tous autres documents utiles, entendre tous sachant à charge de reproduire leurs dires et leur identité, s'entourer de tous renseignements à charge d'en indiquer la source ;
3° - visiter les immeubles situés sur ces parcelles et vérifier au regard de la configuration des lieux et la teneur du projet si toutes les personnes susceptibles d'être concernées par l'opération ont été attraites dans le cadre de la procédure ;
4° - dresser un état descriptif technique et qualitatif desdits immeubles et si nécessaire, des ouvrages et réseaux ;
5° - recenser toute dégradation ou désordre existant ; en présence d'un désordre, d'une malfaçon ou d'un risque de dégradation de l'immeuble, le décrire, le photographier et le cas échéant le mesurer ; dire s'il est inhérent à la structure de l'immeuble ou de l'ouvrage, à son mode de construction, à son mode de fondation ou à son état de vétusté ou encore consécutif à la nature du sous-sol sur lequel il repose ;
6°- donner son avis sur le caractère suffisant, ou non, des mesures de sauvegarde prévues par la commune de Valence pour protéger les immeubles avoisinants ;
7°- dans le cas où de nouveaux désordres apparaitraient en cours de réalisation des travaux, les décrire, donner son avis sur leurs causes et sur les mesures permettant d'y remédier ainsi que sur le coût de ces mesures ;
8° - s'expliquer techniquement, dans le cadre des chefs de mission ci-dessus énoncés, sur les dires et observations des parties.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de leur mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence des représentants de la commune de Valence et des propriétaires ou copropriétaires des immeubles situés sur les parcelles cadastrées AB 57, AB 59, AB 62, AB 63 et AB 64.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme Transferpro pour le 31 décembre 2024 au plus tard, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête de la commune de Valence est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Valence, à M. J, à M. K, à Mme M, à Mme A, à Mme F, à Mme E, à M. I, à Mme H, à M. C, aux consorts B et à l'expert.
Fait à Grenoble, le 28 octobre 2024.
Le juge des référés,
J.P. Wyss
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026