mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, Mme A D C, représentée par Me Mathis, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'assortir l'injonction prononcée dans l'ordonnance n°2404216 du 12 juillet 2024 d'une astreinte de 100 euros par jour de retard et d'enjoindre au préfet de statuer sur la demande de carte nationale d'identité présentée pour son fils, dans un délai de 7 jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un document provisoire justifiant la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans un très bref délai ;
4°) de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, celui-ci s'engageant à exercer l'option prévue par cet article et à renoncer à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle dans l'hypothèse où elle se verrait accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; dans l'hypothèse où elle se verrait refuser le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 200 euros au titre de L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence est toujours remplie dès lors qu'elle se trouve avec son fils dans une situation précaire et qu'elle se trouve en situation irrégulière et se trouve bloquée dans sa démarche de demande de titre de séjour ;
- compte tenu de la gravité de la situation et de l'absence totale d'exécution de l'ordonnance du 12 juillet 2024, il y a lieu d'assortir l'injonction prononcée par cette ordonnance d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, le préfet du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il a exécuté l'ordonnance n°2404216 du 12 juillet 2024 puisqu'il a rejeté le 2 septembre 2024 pour incomplétude la demande de titres d'identité et de voyage au bénéfice de Liam Ngoli, fils de la requérante. Si la requérante souhaite que des titres d'identité et de voyage soient délivrés au bénéfice de son enfant, il lui appartient de déposer une nouvelle demande complète dans la mairie de son choix.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n°2404216 du 12 juillet 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Au cours de l'audience publique tenue le 20 novembre 2024 en présence de Mme Berot-Gay, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Combes, substituant Me Mathis, pour Mme C.
Le préfet du Val-de-Marne n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme C provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Par ordonnance n° 2404216 du 12 juillet 2024, le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision implicite du préfet refusant de délivrer une carte nationale d'identité au fils de Mme C et a enjoint au préfet de réexaminer la demande de carte nationale d'identité présentée par Mme C pour son fils et de statuer sur celle-ci par une décision explicite dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le préfet du Val-de-Marne a rejeté la demande de carte nationale d'identité présentée par Mme C pour son fils par décision du 2 septembre 2024. Ainsi, le préfet justifie avoir réexaminé la demande de carte nationale d'identité présentée par Mme C pour son fils et avoir statué sur celle-ci par une décision explicite.
5. En deuxième lieu, la demande d'exécution ne peut tendre qu'à l'édiction par l'autorité administrative des mesures strictement nécessaires à l'exécution du jugement. Toute demande ayant un objet autre que celui que le jugement a tranché sera donc regardée comme portant sur un litige distinct et sera rejetée.
6. La requérante demande d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un document provisoire justifiant la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans un très bref délai. Cette demande relève d'un litige distinct de celui relatif à la décision implicite du préfet du Val-de-Marne refusant de délivrer une carte nationale d'identité à son fils dont l'exécution a été suspendue et ne se rapporte donc pas à l'exécution de l'ordonnance n°2404216 du 12 juillet 2024. D'ailleurs, par ordonnance n°2408439 du 22 novembre 2024, le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du 16 septembre 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un titre de séjour Mme C. Ainsi, en application de ce qui a dit au point précédent, une telle demande ne peut être que rejetée.
7. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de modifier les mesures ordonnées par l'ordonnance n°2404216 du 12 juillet 2024.
Sur les frais de procès :
8. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que demande le conseil de Mme C sur leur fondement.
O R D O N N E
Article 1er :Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D C, à Me Mathis et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Grenoble, le 3 décembre 2024.
La juge des référés,
A. B
La greffière,
E. Berot-Gay
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408364
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026