Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408389

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2408389
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, rejette la requête de Mme A B qui demandait le versement immédiat de l’allocation de retour à l’emploi (ARE) par la mairie de Saint-Marcellin. La requérante n’a pas précisé le fondement juridique de sa demande et n’a pas présenté de conclusions en annulation d’une décision administrative, rendant ses conclusions à fin d’injonction irrecevables. De plus, elle n’a pas produit de requête distincte en annulation, comme l’exige l’article R. 522-1 du code de justice administrative pour un référé-suspension. La demande est donc rejetée comme irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, Mme A B sollicite l'intervention du juge des référés concernant le non-versement de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) par la mairie de Saint-Marcellin et demande d'ordonner, en référé, le versement immédiat de l'ARE.

Mme A B soutient :

- que son ancienne collectivité l'a informée que le versement de son ARE ne serait effectué qu'au mois de novembre, bien au-delà du délai légal de deux mois imposé par les articles en vigueur puisque sa fin de contrat est datée du 31 août 2024 ; cette absence de versement dans les temps impartis lui est extrêmement préjudiciable ; en l'absence de revenus, elle doit face à d'importantes difficultés financières.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " () À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Il résulte de ces dispositions que la recevabilité d'une demande tendant à la suspension d'une décision administrative est subordonnée au dépôt, par requête distincte, de conclusions aux fins d'annulation de cette même décision.

3. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

4. Mme A B sollicite l'intervention du juge des référés concernant le non-versement de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) par la mairie de Saint-Marcellin. Toutefois, Mme B ne précise pas le fondement juridique sur lequel elle sollicite l'intervention du juge des référés et, en particulier, si elle entend se placer dans le cadre des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Par ailleurs, le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée. Il n'appartient pas, par ailleurs, au juge administratif, hormis les cas prévus à l'article L. 911-1 du code de justice administrative, dont les conditions ne sont pas remplies en l'espèce, d'adresser des injonctions à l'administration. En l'absence de conclusions aux fins d'annulation d'une décision administrative implicite ou expresse, il n'appartient pas au juge administratif de connaître de conclusions qui constituent des conclusions à fin d'injonction à titre principal. A supposer que Mme B ait entendu saisir le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, les conclusions qu'elle formule tendant à ce que le juge des référés ordonne le versement immédiat de l'ARE, sont par suite irrecevables et doivent être rejetées.

6. En outre, si Mme B a entendu présenter, dans le cadre d'un référé, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension d'une décision de la mairie de Saint-Marcellin lui refusant le versement de l'allocation de retour à l'emploi, elle ne produit pas dans le cadre de cette instance en référé de copie de la requête aux fins d'annulation de cette décision en méconnaissance des dispositions de l'article R. 522-1 du code de justice administrative citées au point 2.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B peut être rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B.

Fait à Grenoble, le 30 octobre 2024.

Le juge des référés,

C. VIAL-PAILLER

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.