Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408671
lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | OZEKI |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2024 et le 22 novembre 2024, Mme C épouse B, représentée par Me Ozeki, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Savoie décidé de clore sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision a été prise par une personne ne justifiant pas de sa compétence à ce titre ; la décision n'est pas motivée ; le préfet n'a pas examiné sa demande ; la décision est dépourvue de base légale ; elle méconnaît l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les articles L. 423-1 à L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 novembre 2024, le préfet de la Savoie, conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il va accorder à la requérante le titre de séjour qu'elle a sollicité mais ne pouvant rouvrir sa demande par l'ANEF, il a convoqué la requérante pour qu'elle puisse redéposer son dossier.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2408672.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 26 novembre 2024 au cours de laquelle le rapport de Mme A a été entendu, en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. En raison de l'urgence à ce qu'il soit statué sur la requête de la requérante, il y a lieu d'admettre Mme B provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. En se bornant à faire valoir qu'il est dans l'impossibilité de rouvrir l'instruction du dossier de demande de titre de séjour de la requérante et en lui accordant un rendez-vous pour qu'elle puisse le redéposer, le préfet de la Savoie n'établit pas que la présente requête en référé aurait perdu son objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée doit, par suite, être écartée.
Sur la demande de suspension d'exécution :
3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
4. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant d'établir la réalité de circonstances particulières qui justifient que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.
5. En l'espèce, le préfet de la Savoie s'est engagé à délivrer un titre de séjour à la requérante et, pour ce faire, lui a adressé une convocation pour un rendez-vous le 25 novembre 2024 afin qu'elle puisse déposer les pièces de son dossier et se voir délivrer un récépissé. Dans ces conditions, au jour de la présente ordonnance, la condition d'urgence n'apparaît plus remplie. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction contenues dans la requête.
Sur les frais d'instance :
6. La présente ordonnance constate que l'une des conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie. Faute pour la requérante de s'être désistée de ses conclusions aux fins de suspension, elle doit être considérée comme partie perdante et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :Mme C épouse B est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C épouse B, à Me Ozeki et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.
Fait à Grenoble, le 2 décembre 2024.
Le juge des référés,
J. A
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408671