Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408872

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2408872
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. A d'une demande de suspension de la décision implicite du préfet de l'Isère refusant le renouvellement de son titre de séjour. M. A s'est désisté de son instance, désistement auquel le tribunal a donné acte. L'État a été condamné à verser 800 euros à son avocate au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Cans, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Isère portant refus de renouvellement du titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer, à titre provisoire, un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale ", dans un délai de 48 heures à compter du prononcé de l'ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) à défaut, d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative de réexaminer sa situation dans un délai de 48 heures à compter du prononcé de l'ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente de la décision, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, celui-ci s'engageant à exercer l'option prévue par cet article et à renoncer à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;

5°) dans l'hypothèse d'un refus de l'aide juridictionnelle totale, de condamner l'Etat à payer à M. A la somme de 1 200 euros au titre de L.761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient :

- que l'urgence est justifiée ; le refus de renouvellement de son titre de séjour préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation ; il bénéficie d'une présomption d'urgence dès lors qu'il était en séjour régulier depuis de nombreuses années ; alors qu'il travaillait dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, son employeur a mis fin à son contrat ; son état de santé se traduit par une angoisse permanente l'empêchant de mener une vie normale ;

- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; la décision viole l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 29 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Cans déclare se désister de l'instance tout en maintenant sa demande de condamnation de l'Etat sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la requête enregistrée le 15 novembre 2024 sous le numéro 2408871 par laquelle M. B A, représentée par Me Cans, demande l'annulation de la décision attaquée.

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 2 décembre 2024 à 11H, M. Vial-Pailler a présenté son rapport et constaté l'absence des parties ou de leurs représentants.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. M. A déclare se désister de l'instance. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Cans, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cans de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement d'instance de M. A.

Article 3 : Sous réserve que Me Cans, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cans de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Cans et au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 2 décembre 2024.

Le juge des référés,

C. Vial-Pailler

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.