Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408926
vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2024, Mme C A doit être regardée comme demandant au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé d'accorder le regroupement familial au bénéfice de son époux ;
2°) de donner copie à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée pour l'octroi d'urgence d'un visa long séjour.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- elle remplit désormais les conditions du regroupement familial notamment au regard des ressources.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- si elle considère remplir les conditions du regroupement familial il lui appartient de déposer une nouvelle demande.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2408927.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 5 décembre 2024 au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme B en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. La requérante conteste la décision de refus de regroupement familial en date du 4 juin 2024, en faisant valoir qu'elle remplit désormais les conditions de ressources du regroupement familial. Cependant, les conditions du regroupement familial sont appréciées à la date du dépôt de la demande de regroupement et il n'est pas établi qu'à cette date ses ressources étaient suffisantes pour que le regroupement familial soit accordé au bénéfice de son époux. Si la requérante estime qu'elle remplit désormais ces conditions, il lui appartient de redéposer une demande de regroupement familial. Dans ces conditions, aucun des moyens soulevés n'est susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 4 juin 2024. Par suite, il y a lieu de rejeter ses conclusions de suspension ainsi que ses conclusions d'injonction, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 13 décembre 2024.
Le juge des référés,
J. B
La greffière,
E. Berot-Gay
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408926