Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408973
jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2024, Mme C, représentée par Me Combes, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'assortir les injonctions prononcées dans l'ordonnance n°2407812, d'une astreinte de 200 euros par jour de retard, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'elle a délivré une attestation de détention d'un titre de séjour à la requérante.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n°2407812 du 30 octobre 2024.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 14 novembre 2024 au cours de laquelle le rapport de Mme A a été entendu ainsi que les observations de Me Combes pour la requérante.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme C provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de modification des mesures ordonnées :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.
4. Par une ordonnance n° 2407821 du 30 octobre 2024, le juge des référés du présent tribunal a suspendu l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de délivrer l'attestation mentionnée au 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale et a enjoint au préfet de procéder au réexamen de la situation de la requérante dans un délai de cinq jours à compter de la notification de cette ordonnance.
5. Si la préfète produit en défense une attestation selon laquelle la requérante est titulaire d'un titre de séjour délivré sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la période du 8 février 2024 au 7 février 2025, cette attestation ne couvre pas la période antérieure, du 19 mai 2022 au 18 mai 2023, qui était la période spécifiquement visée par l'ordonnance du juge des référés et au titre de laquelle le préfet avait refusé de délivrer l'attestation en cause aux services de la caisse d'allocation familiale. Ainsi, il n'apparaît aucunement que la préfète de l'Isère ait exécuté l'injonction de l'ordonnance en réexaminant la situation de la requérante au titre de la période spécifique du 19 mai 2022 au 18 mai 2023.
6. Le défaut d'exécution des prescriptions du juge des référés, constitue une circonstance nouvelle justifiant la modification de cette ordonnance en application des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu des graves difficultés matérielles provoquées par l'absence d'exécution de l'ordonnance en cause, il y a lieu d'en modifier le dispositif en enjoignant à la préfète de l'Isère de réexaminer la situation de la requérante au regard de l'attestation mentionnée au 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale pour la période du 19 mai 2022 au 18 mai 2023 et de prendre une décision explicite, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance et d'assortir cette mesure d'une astreinte de 200 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Combes renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à lui verser sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er :Mme C est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :L'article 3 de l'ordonnance n° 2407812 du 30 octobre 2024 est modifié comme suit : " il est enjoint à la préfète de l'Isère de réexaminer la situation de la requérante au regard de l'attestation mentionnée au 5° de l'article D. 512-2 du code de la sécurité sociale pour la période du 19 mai 2022 au 18 mai 2023 et de prendre une décision explicite, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 200 euros par jour de retard "Article 3 :L'Etat versera à Me Combes une somme de 600 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation à l'aide juridictionnelle.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à Me Combes et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le juge des référés,
J. A
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408973