Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408988
jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408988 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, M. E D B, représenté par Me Coutaz, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet de l'Isère refusant de lui délivrer une carte de résident de dix ans ou de lui renouveler sa carte de séjour pluriannuelle ;
2°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de statuer sur sa demande de délivrance de carte de résident de dix ans et de renouvellement de carte pluriannuelle dans un délai d'un mois et dans l'attente de lui délivrer dans un délai de 48 heures une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail ou tout document de séjour autorisant le travail, le tout sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui fixer un rendez-vous sous 48 heures, d'enregistrer sa demande de carte de résident et de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande avec autorisation de travailler, le tout sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- les articles L. 421-6 et L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont méconnus ;
- le refus méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- on ne peut considérer que le préfet a statué sur sa demande et une attestation de prolongation d'instruction aurait dû lui être délivrée en application de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée de défaut de motivation.
Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie, un rendez-vous ayant fixé au requérant le 6 décembre.
Vu :
- la décision du président du tribunal désignant M. Sogno, magistrat honoraire, comme juge des référés ;
- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2408986 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 5 décembre 2024 à 10 heures au cours de laquelle a été entendu Me Coutaz, avocat de M. D A.
La clôture de l'instruction a été différée au 11 décembre 2024 à 16 heures.
Un mémoire a été produit pour M. D A le 9 décembre 2024. Il maintient l'intégralité de ses conclusions. Il informe le tribunal qu'un récépissé avec droit au travail valable jusqu'au 5 juin 2025 lui a été délivré.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce. Sauf circonstances particulières, cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour.
3. En l'espèce, la préfète de l'Isère a délivré à M. D B un récépissé de demande de titre de séjour avec droit au travail valable jusqu'au 5 juin 2025. Si cette circonstance est sans incidence sur l'existence de la décision implicite de rejet en litige, elle est de nature à faire échec à la présomption d'urgence dont peut bénéficier le requérant de sorte que l'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie. En conséquence, la requête doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de M. D B est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. E D B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 12 décembre 2024.
Le juge des référés,
C. Sogno
Le greffier,
M. Palmer
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408988