Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409012
jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409012 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2024, M. A C, représenté par Me Bonzy et Me Lagier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 19 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes en sa possession, lui a fait interdiction d'acquérir ou de détenir des armes de toutes catégories et a retiré la validation de son permis de chasser ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui restituer ses armes et son permis de chasse ;
3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'arrêté attaqué est constitutif d'une voie de fait et porte atteinte à son droit de propriété et à sa vie privée ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de l'arrêté en litige :
*il est entaché d'incompétence ;
*il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet a suivi la procédure prévue par l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure alors qu'il aurait dû initier la procédure prévue par l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure ;
*il méconnaît l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure dès lors que la condition de gravité retenue pour la mise en œuvre de ces dispositions n'est pas remplie et que le préfet ne rapporte pas la preuve de son caractère gravement dangereux alors qu'il démontre que son comportement n'est pas dangereux.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2409011 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- la décision du président du tribunal désignant Mme B comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter sans audience publique une demande lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de l'arrêté litigieux, M. C, qui pratique la chasse dans le cadre d'une activité de loisirs, se borne à faire valoir que l'arrêté attaqué est constitutif d'une voie de fait et porte atteinte à son droit de propriété et à sa vie privée. Cependant, ces circonstances ne créent pas par elles-mêmes une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, laquelle ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de l'arrêté attaqué qui poursuit un objectif de sécurité publique. Par ailleurs, la circonstance que l'arrêté attaqué serait entaché d'illégalité est, par lui-même, sans incidence sur l'appréciation de la condition d'urgence. Ainsi, la requête ne présente pas un caractère d'urgence et doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions en faisant application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de M. C est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
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Fait à Grenoble, le 19 décembre 2024.
La juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2409012