Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409027

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409027
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme C pour obtenir un rendez-vous en préfecture afin de renouveler son titre de séjour. La préfète de l'Isère ayant convoqué la requérante, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur cette demande. En revanche, la demande de délivrance d'un récépissé autorisant à travailler a été rejetée, car elle est subordonnée à la présentation d'un dossier complet. L'État a été condamné à verser 1 000 euros à Mme C au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, Mme A C, représentée par Me Coutaz, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement de sa vie privée et familiale, dans un délai de 48 heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer un récépissé l'autorisation à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'État ou du préfet de l'Isère une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que la requérante a été convoquée le 3 décembre 2024 à 14 heures 30 pour déposer sa demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Il n'est pas contesté que Mme C a été convoquée en préfecture afin de demander le renouvellement de son titre de séjour. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ses conclusions en injonction à ce titre.

2. La délivrance d'un récépissé est conditionnée à la présentation d'un dossier complet en préfecture. Dès lors, il ne saurait être fait droit à des conclusions en injonction tendant à délivrer ledit récépissé, dans le cadre d'un litige visant à obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande. Par ailleurs, conditionner une injonction de remise de ce récépissé au caractère complet du dossier qui sera remis est dépourvu d'effet utile. Cette demande doit être rejetée.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à l'obtention d'un rendez-vous en préfecture.

Article 2 : L'Etat versera à Mme C, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 5 décembre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.