Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409097
mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MATHIS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Mathis, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 18 août 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans les quinze jours suivant l'ordonnance et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence, présumée en matière de refus de renouvellement d'un titre de séjour, est remplie ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
o elle est insuffisamment motivée ;
o elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
o elle méconnaît l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle a été titulaire d'une carte de résident valable du 28 février 2014 au 27 février 2024 ;
o elle méconnaît le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
o la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; elle a des conséquences d'une gravité excessive au regard de sa durée de présence sur le territoire français, de ses attaches sur le territoire français, de la nationalité de ses quatre enfants et de leur intérêt supérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il a délivré à Mme B un titre de séjour valable du 28 février 2024 au 27 février 2034.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2409098, enregistrée le 22 novembre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 3 décembre 2024 à 10 heures 15.
Le rapport de M. Thierry, juge des référés a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, de nationalité malgache, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision implicite du 18 août 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et d'enjoindre à ce dernier de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours.
2. Postérieurement à l'enregistrement de la requête de Mme B, le préfet de l'Isère a toutefois indiqué qu'il lui avait délivré un titre de séjour valable dix ans à compter du 28 février 2024. Les conclusions de Mme B, dont le préfet ne conteste pas ne pas l'avoir informée de cette décision, aux fins d'annulation et d'injonction ont ainsi perdu leur objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur celles-ci.
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
4. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros à Me Mathis, avocate de Mme B, en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de Mme B.
Article 3 :Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle l'Etat versera à la somme de 800 euros à Me Mathis en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et à Me Mathis.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 10 décembre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24090972