Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409320

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409320
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, était saisi d'une demande de suspension de la décision implicite du préfet de l'Isère refusant de délivrer un titre de séjour à Mme D. En cours d'instance, la préfète a délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction, ce qui a implicitement rapporté la décision de rejet. Le juge des référés a constaté que les conclusions à fin de suspension et d'injonction étaient devenues sans objet et a condamné l'État à verser 600 euros à Mme D au titre des frais d'instance, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 novembre 2024, Mme A D, représentée par Me Lamy, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 6 novembre 2024 du préfet de l'Isère refusant de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la condition d'urgence est remplie et que la décision attaquée :

- méconnaît l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie, une attestation de prolongation d'instruction ayant été délivrée à Mme D.

Vu :

- la décision du président du tribunal désignant M. B, magistrat honoraire, comme juge des référés ;

- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2409319 ;

- les autres pièces du dossier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties, régulièrement convoquées à l'audience publique du 12 décembre 2024 à 10 heures, ne s'y sont pas présentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande de suspension d'exécution et les conclusions à fin d'injonction :

1. En cours d'instance, la préfète de l'Isère a délivré à Mme D une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable jusqu'au 8 mars 2025. Cette attestation a eu implicitement mais nécessairement pour effet de rouvrir l'instruction de sa demande et, par suite, de rapporter la décision implicite de rejet de celle-ci. Il suit de là que les conclusions de la requête tendant à la suspension de cette décision et les conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet.

Sur les frais d'instance :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme D de la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E

Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de Mme D.

Article 2 :L'Etat versera à Mme D une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 12 décembre 2024.

Le juge des référés,

C. B

Le greffier,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409320