Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409329

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409329
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande de la commune d'Albon, qui sollicitait la désignation d'un expert pour constater la fin du péril d'un bâtiment après travaux. La commune estimait ne pas pouvoir évaluer elle-même la qualité des travaux réalisés par la propriétaire. Le juge a estimé que cette demande était inutile, car il appartient à la commune de recourir à un homme de l'art de son choix pour apprécier les travaux. La décision s'appuie sur les articles L. 511-4 et L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que sur l'article R. 531-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 novembre 2024, la commune d'Albon demande au juge des référés de désigner un expert à l'effet de constater que les travaux réalisés par Mme A propriétaire du bâtiment mis en péril depuis le 20 décembre 2023 ont été réalisés dans les règles de l'art et ont bien mis fin au péril.

Vu :

- les pièces jointes à la requête ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation () ". En outre, en application de l'article R. 511-2 du même code et de l'article R. 556-1 du code de justice administrative, il est statué sur cette requête suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1 du même code.

2. Aux termes de l'article L. 511-4 du code de la construction et de l'habitation : " L'autorité compétente constate la réalisation des mesures prescrites ainsi que leur date d'achèvement et prononce la mainlevée de l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité et, le cas échéant, de l'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux. ".

3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

4. Par ordonnance du 13 décembre 2023, le juge des référés a désigné M. B en qualité d'expert pour examiner l'immeuble situé sur le territoire de la commune d'Albon où il est cadastré à la section YB sous le n° 16, dresser un relevé précis des désordres affectant cet immeuble, le cas échéant constater l'état des bâtiments mitoyens, de dire s'il y a péril imminent et proposer des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril. L'expert a rendu son rapport le 15 décembre suivant et un arrêté de péril a été pris le 20 décembre 2023, prolongé jusqu'au 31 décembre 2024 par arrêté du 20 août 2024. Il résulte de l'instruction et des propres écritures de la commune que les travaux pour mettre fin au péril ont été réalisés par la propriétaire du bâtiment. Si la commune indique qu'elle ne peut se prononcer sur les matériaux utilisés et l'adéquation technique des moyens déployés, il lui appartient de recourir aux services de tel homme de l'art qu'elle jugera bon pour apprécier la qualité des travaux réalisés.

5. Dans ces conditions, la demande présentée par la commune d'Albon ne présente pas d'utilité et doit, par suite, être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la commune d'Albon est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Albon .

Fait à Grenoble, le 3 décembre 2024.

Le juge des référés,

JP Wyss

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409329