Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409371

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409371
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. B, ressortissant tunisien, afin d'obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète de l'Isère a délivré un rendez-vous au requérant, rendant sans objet la demande d'injonction. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur cette demande. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État a été condamné à verser 1 000 euros à M. B au titre des frais exposés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Alampi, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui communiquer un rendez-vous dans les huit jours suivant l'ordonnance sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; il tente en vain depuis près de six mois de prendre rendez-vous en préfecture ;

- la mesure demandée est utile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Elle fait valoir qu'elle a délivré à M. B un rendez-vous pour une première demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien, expose qu'il réside en France depuis 2017 et souhaite former une demande de titre de séjour. En dépit de plusieurs tentatives, il n'a pas pu obtenir de rendez-vous des services du préfet de l'Isère pour déposer cette demande. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui communiquer un rendez-vous dans les huit jours et sous astreinte.

2. Par un courrier du 6 décembre 2024, le préfet de l'Isère a délivré à M. B une convocation à un rendez-vous pour le 27 décembre 2024 afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Les conclusions de M. B afin qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de lui délivrer un tel rendez-vous ayant ainsi perdu leur objet, il n'y a plus lieu de statuer sur celles-ci.

3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros qu'il paiera à M. B, au titre des frais non compris dans les dépens que ce dernier a exposés.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B afin qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous.

Article 2 :L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère

Fait à Grenoble, le 16 décembre 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24093712