Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409385

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409385
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAARPI VERCORS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B A qui contestait le refus de la préfecture de l'Isère de lui accorder un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la réponse de la préfecture, indiquant l'absence d'autres modalités de prise de rendez-vous que le site internet, ne constituait pas une décision faisant grief susceptible d'être attaquée par un recours pour excès de pouvoir. En conséquence, les conclusions en annulation ont été rejetées comme manifestement irrecevables sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le tribunal a toutefois admis provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle, mais a rejeté les demandes d'injonction et les frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Zaiem, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 20 novembre 2024 refusant de lui accorder un rendez-vous ;

3°) d'enjoindre à la préfecture sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à compter de la décision à intervenir de fixer au requérant un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.

3. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture et que l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous, alors même que le référé régi par l'article L. 521-3 du code revêt un caractère subsidiaire. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel ce rendez-vous doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

4. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la copie d'écran d'une réponse de la préfecture ainsi formulée " nous comprenons la difficulté de la prise de rendez-vous sur le site internet, cependant nous n'avons pas d'autres modalités de prises de rendez-vous " ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Dès lors, les conclusions en annulation ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Il y a lieu de rejeter également, par voie de conséquence, les conclusions de son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er :M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Le surplus de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 :Les conclusions de Me Zaïem tendant à l'application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Zaiem.

Copie en sera adressée pour information à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 9 décembre 2024.

Le président,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.