Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409398
lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409398 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | RONDET |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Rondet, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de certains effets de la décision du 18 novembre 2024 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a suspendu son permis de conduire pour une durée de dix mois et de l'autoriser à conduire exclusivement les véhicules à moteur équipés d'une dispositif d'éthylotest anti-démarrage, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie compte tenu des nécessités de sa vie professionnelle d'artisan maçon ;
- le juge des référés peut suspendre certains effets de la décision attaquée ;
- il fait valoir des moyens sérieux à l'encontre de cette décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 novembre 2024 sous le numéro 2409396 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. M. B a fait l'objet le 17 novembre 2024 d'une décision de rétention de son permis de conduire à la suite d'une conduite sous l'emprise d'un état alcoolique (taux d'alcool de 0,48 mg par litre d'air expiré). Par un arrêté du 18 novembre suivant, le préfet de la Haute-Savoie a prononcé la suspension de la validité de son permis de conduire pour une durée de dix mois. M. B demande au juge des référés de prononcer la suspension de certains effets de cette décision et de l'autoriser à conduire exclusivement les véhicules à moteur équipés d'un dispositif d'éthylotest anti-démarrage.
3. Toutefois, de telles conclusions, qui ne relèvent pas de l'office du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative auquel il n'appartient pas de faire œuvre d'administrateur, sont irrecevables.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence ou de moyens propres à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. B doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Grenoble, le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
J. P. WYSS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.