Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409563
lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409563 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2024, Mme A D épouse B, représentée par Me Pallanca, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et une autorisation de travail ou, à défaut, une attestation de prolongation d'instruction ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme D, ressortissante tunisienne, s'est vue délivrer une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention " membre de famille d'un citoyen de l'Union/ EEE/ Suisse-Toutes activités professionnelles " valable jusqu'au 31 août 2023. Le 11 juillet 2023, elle en a demandé le renouvellement. Le 26 juillet 2023 elle a obtenu une première attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 25 octobre 2023, puis le 7 novembre 2023 une deuxième attestation valable jusqu'au 6 février 2024, enfin le 12 mars 2024 une troisième attestation valable jusqu'au 11 juin 2024. Elle fait valoir que cette attestation n'a pas été renouvelée à son terme.
3. Aux termes de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. ". Aux termes de l'article R. 233-15 du même code : " Les membres de famille ressortissants de pays tiers mentionnés à l'article L. 233-2 présentent dans les trois mois de leur entrée en France leur demande de titre de séjour avec leur passeport en cours de validité ainsi que les justificatifs établissant leur lien familial et garantissant le droit au séjour du citoyen de l'Union européenne accompagné ou rejoint. / Ils reçoivent une carte de séjour portant la mention "Carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union/ EEE/ Suisse-Toutes activités professionnelles". Sa durée de validité est fixée à cinq ans, sauf si le citoyen de l'Union européenne qu'ils accompagnent ou rejoignent déclare vouloir séjourner pendant une durée inférieure à cinq ans. Dans cette situation, la durée de validité de la carte de séjour correspond à la durée du séjour envisagée. () / Le renouvellement du titre de séjour doit être sollicité dans le délai de deux mois précédant sa date d'expiration. ". Aux termes de l'article R. 233-17 de ce code : " Il est remis une attestation de demande à tout étranger qui sollicite la délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour. / La délivrance de la carte de séjour aux ressortissants de pays tiers intervient au plus tard dans les six mois suivant le dépôt de la demande. ". Enfin, l'article R. 233-18 du code dispose : " La reconnaissance du droit au séjour des étrangers mentionnés aux articles R. 233-11 à R. 233-16 n'est pas subordonnée à la détention du titre de séjour que ces articles prévoient, ni à celle de l'attestation de demande de titre de séjour. ".
4. Il ressort de ces dispositions, d'une part, que le préfet n'est pas tenu de délivrer à l'étranger qui sollicite le renouvellement de son titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un citoyen de l'Union européenne une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande à l'expiration de son précédent titre, mais doit seulement lui remettre une attestation de demande au moment de l'enregistrement de celle-ci, d'autre part, que la reconnaissance du droit au séjour de l'étranger n'est subordonnée ni à la détention d'un titre de séjour, ni à celle de l'attestation de demande de titre de séjour, enfin, que dans le cas où aucune carte de séjour n'a été délivrée à l'intéressé à l'expiration du délai de six mois suivant le dépôt de sa demande, celle-ci doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet.
5. Il résulte ce qui vient d'être dit, en premier lieu, que la préfète de l'Isère n'est pas tenue de délivrer à Mme D, conjointe d'une ressortissant italien, une attestation de prolongation d'instruction dont son droit au séjour ne dépend pas, en second lieu et en tout état de cause, que la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par Mme D doit être regardée comme ayant fait l'objet, à la date de la présente ordonnance, d'une décision implicite de rejet, qu'il appartient à la requérante de contester s'elle s'y croit fondée. Il suit de là que Mme D ne justifie d'aucune circonstance particulière nécessitant que le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ordonne la délivrance d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, ni a fortiori d'un récépissé de sa demande de titre. Par suite, sa requête ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D épouse B.
Fait à Grenoble, le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
V. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.