Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409599
mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Dieye, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident dans les quinze jours suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou de réexaminer sa demande de titre de séjour dans les quinze jours et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
o elle méconnaît les articles L. 433-1, L. 433-2 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'administration aurait dû lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction dès lors que sa demande est complète ;
o elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable du 10 décembre 2024 au 9 mars 2025 ;
- elle a clôturé sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français le 6 décembre 2024.
Par un mémoire du 11 décembre 2024, M. B a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension, d'injonction et d'astreinte et maintenir ses conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2409593, enregistrée le 5 décembre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 16 décembre 2024 à 14 heures 30.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Thierry, juge des référés.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien, bénéficiaire d'une carte de résident dont la validité de dix ans expirait le 5 septembre 2024, en a demandé le renouvellement dans les délais requis, le 9 juin 2024. Il expose qu'il ne lui a toutefois pas été délivré d'attestation de prolongation d'instruction ou de document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour en France. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et de lui enjoindre de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, la préfète de l'Isère a délivré à M. B une attestation de prolongation d'instruction valable du 10 décembre 2024 au 9 mars 2025.
3. Par le mémoire susvisé, M. B a déclaré se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros qu'il paiera à M. B, au titre des frais non compris dans les dépens que ce dernier a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte à M. B du désistement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction.
Article 2 :L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère
Fait à Grenoble, le 17 décembre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24095992