Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409665
lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409665 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, la SARL Serrurerie - constructions métalliques A et fils et M. B A, son gérant, représentés par Me Aldeguer, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Grenoble de suspendre tout travaux ou de faire suspendre des travaux qui auraient été confiés dans leur exécution à des personnes privées ou publiques qui auraient été mandatées et de remettre ou de faite remettre les lieux en l'état sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance
2°) de mettre à la charge de la commune de Grenoble la somme de 3000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté n° 24-AC00910 en date du 28 mai 2024, affiché localement sur place le jeudi 5 décembre 2024, portant réglementation de la circulation et du stationnement et pose de mobilier urbain porte une atteinte grave et manifestement excessive à la liberté d'accès à la voie publique et méconnaît les principe de légalité et de l'autorité de la chose jugée ;
- la situation est urgente car les travaux sont entrepris brutalement sans concertation.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 mai 2024, qui indique qu'il a été notifié par mail le 29 mai 2024, le deuxième adjoint au maire de Grenoble a règlementé sur l'ensemble des voies ouvertes à la circulation publique situées sur le territoire de la commune de Grenoble les restrictions de circulation et de stationnement au droit des zones de travaux. La SARL Serrurerie - constructions métalliques A et fils et M. A exposent que cet arrêté a été affiché rue Cuvier le jeudi 5 décembre associé à un affichage indiquant une interdiction de stationnement le lundi 9 décembre de 13h00 à 17h00. Ils saisissent le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 afin que soit enjoint à la commune de suspendre tous travaux.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Le même code dispose à son article L. 522-1 que : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; à son article L. 522-3 que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Alors que les requérants indiquent eux même que la mesure contestée a été affichée le jeudi 5 décembre 2024, ils ont saisi le juge des référés à 12h08 le jour même de l'interdiction de stationner qui prend effet entre 13h00 et 17h00, soit quelques minutes avant le début de l'interdiction, ne mettant pas le juge des référés en mesure de faire respecter le principe du contradictoire et de convoquer une audience. En tout état de cause, si les requérants exposent que des travaux sont entrepris brutalement et sans concertation, ils ne décrivent pas la nature de ces travaux et ne produisent aucune pièce de nature à établir que la commune a décidé d'entreprendre des travaux. En se bornant à ces seules indications, les requérants ne permettent pas au juge des référés d'apprécier la portée de leurs conclusions à fin d'injonction. Par ailleurs, l'interdiction en cause qui ressort des pièces du dossier consiste en une simple interdiction de stationnement d'une durée limitée dans le temps à moins d'une après-midi. Les requérants n'établissent par aucun élément une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, ni du fait de cette interdiction ni du fait de l'arrêté du 28 mai 2024 qui se borne à prévoir des restrictions de circulation et de stationnement au droit des zones de travaux, de telles mesures ayant simplement pour objet d'assurer le bon déroulement des travaux et la sécurité des usagers des voies de circulation.
5. Dans ces circonstances, la requête qui ne comporte que des conclusions dépourvues des précisions nécessaires à l'appréciation de leur portée est irrecevable. A supposer que ces conclusions concernent l'interdiction de stationner, la requête est également manifestement mal fondée.
6. Il y a lieu dès lors, de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête ;
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge, les conclusions de la SARL Serrurerie - constructions métalliques A et fils et de M. A, tendant à ce que soit mise à la charge de la commune de Grenoble une somme de 3000 euros au titre des frais non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de SARL Serrurerie - constructions métalliques A et fils et de M. A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à SARL Serrurerie - constructions métalliques A et fils et à M. B A.
Fait à Grenoble, le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24096652