Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409709

mercredi 22 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409709
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Rejet d’une requête en excès de pouvoir par le Tribunal administratif de Grenoble, contestant le refus de la commission de médiation de l’Isère de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. B. Le requérant n’a pas justifié son changement d’adresse ni régularisé sa requête malgré une invitation, laissant sa demande dépourvue de moyens opérants. L’ordonnance rejette la requête sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, faute d’éléments permettant d’apprécier le bien-fondé des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 juillet 2024 par laquelle la commission de médiation de l'Isère a refusé de regarder comme prioritaire et urgente sa demande de logement.

Il soutient qu'il n'a jamais reçu les courriers de la commission.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : (): " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les noms et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". Pour les contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. Enfin, l'article R. 611-8-2 de ce code dispose que : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. / Les parties ou leur mandataire sont réputés avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties ou leur mandataire sont alertés de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par eux. ".

4. M. B se borne à soutenir que son adresse a changé et que la commission connaissait sa nouvelle adresse postale. Il n'assortit toutefois cette affirmation d'aucun justificatif. Il a été invité, par un courrier du 16 décembre 2024 qui lui a été adressé via l'application " Télérecours ", lu le même jour à 15 h 46, à régulariser sa requête à l'aide du formulaire prévu à cet effet dans un délai d'un mois. M. B n'a produit, ni à l'expiration du délai qui lui était imparti, ni même après celui-ci, aucun document de nature à permettre au juge de statuer sur sa requête. Par suite, la requête doit être rejetée par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. La présente décision ne fait pas obstacle à ce que M. B, s'il s'y croit recevable et fondé, présente une nouvelle demande à la commission de médiation.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B.

Fait à Grenoble, le 22 janvier 2025.

Le président,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.