Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409796

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409796
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant marocain, qui demandait d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour en qualité de salarié. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'intéressé n'ayant pas effectué ses démarches en temps utile et ne justifiant pas d'une carence de l'administration rendant sa situation compromise de façon imminente. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance motivée, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Diouf-Garin, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui accorder un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures ou au plus le 16 décembre 2024 sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de condamner l'État à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ou d'une demande au titre des mesures utiles de l'article L. 521-3 du même code, la demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

3. M. B, ressortissant marocain, indique être arrivé en France le 1er septembre 2022 muni d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant. Ce droit au séjour a été renouvelé par un titre valable du 16 août 2023 au 15 décembre 2024. Ayant obtenu un diplôme d'ingénieur à l'issue de l'année scolaire 2023-2024, M. B a demandé le 31 octobre 2024 à être autorisé à travailler en contrat à durée indéterminée auprès de l'entreprise Alma. Il a été fait droit à sa demande par une décision du 27 novembre 2024.

4. Pour justifier de l'urgence, M. B fait valoir qu'il ne parvient pas à obtenir un rendez-vous en préfecture pour demander un titre de séjour en qualité de salarié et que son contrat de travail sera suspendu à compter du 16 décembre 2024, selon attestation de son employeur. Toutefois, au vu de la chronologie exposée au point précédent, alors qu'il incombait à l'intéressé d'effectuer les démarches en temps utiles et qu'il ne justifie d'ailleurs, outre ses courriels, que d'une tentative de connexion sur le site de la préfecture le 10 décembre 2024, M. B ne n'établit pas que sa situation serait compromise du fait de la carence de l'administration et de façon si imminente qu'elle exigerait d'ordonner une mesure de sauvegarde dans un délai de 48 heures. Par suite, il y a lieu de rejeter sa requête selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 11 décembre 2024.

La juge des référés,

A. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.