jeudi 2 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409843 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PORET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 décembre 2024 et le 20 décembre 2024, Mme D C A, représentée par Me Poret, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une attestation de prolongation d'instruction assortie du droit au travail sans délai à compter de la décision à venir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et de lui délivrer, dans l'attente, une attestation de prolongation d'instruction sans délai à compter de la notification de la décision, sous astreinte de 250 euros par jour de retard passé ce délai
4°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision la place en situation irrégulière et l'empêche de conclure un contrat d'apprentissage lui permettant de poursuivre sa scolarité ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors qu'elle n'est pas motivée, que le défaut de délivrance d'une attestation de prolongation de l'instruction méconnaît l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le refus de lui délivrer une carte de séjour mention " étudiant " constitue une violation de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'elle a délivré à la requérante une attestation de prolongation d'instruction, ce qui a eu pour effet de rouvrir l'instruction de sa demande et de reporter la décision implicite de rejet.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 12 décembre 2024 sous le numéro 2409842 par laquelle Mme C A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 23 décembre 2024 en présence de Mme Rouyer, greffier d'audience, M. Pfauwadel a lu son rapport et entendu les observations de de Mme C A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre à titre provisoire Mme C B à l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Mme C A, ressortissante colombienne, est entrée pour la dernière fois en France en 2022. Exerçant une profession artistique, elle s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire mention " entrepreneur / profession libérale " valable du 12 décembre 2023 au 11 décembre 2024. Elle a commencé en 2024 un MBA expert designer en alternance et elle a été retenue par l'entreprise ST Microelectronics pour effectuer un contrat de professionnalisation. Elle a déposé le 13 août 2024 sur la plateforme ANEF une demande de changement de statut afin de se voir délivrer un titre de séjour " étudiant " lui permettant d'effectuer sa scolarité en alternance. Elle demande en premier lieu la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, en deuxième lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou subsidiairement de réexaminer sa situation et, en troisième lieu, de lui délivrer dans l'attente une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.
4. La préfète de l'Isère a délivré le 20 décembre 2024 à Mme C A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Les conclusions aux fins d'injonction de délivrance d'une telle attestation étant ainsi devenues sans objet, il n'y a pas lieu à statuer sur celles-ci.
5. Il résulte de la combinaison des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour pendant un délai de quatre mois vaut décision implicite de rejet.
6. La demande de renouvellement de titre de séjour formée par Mme C A le 13 août 2024 a été implicitement rejetée à l'issue de ce délai. La délivrance postérieure d'une attestation de prolongation d'instruction n'a pas abrogé ou retiré ce rejet implicite.
7. Si cette attestation justifie du maintien des droits ouverts par le précédent titre de séjour délivré à la requérante, il ne lui permet pas d'effectuer sa scolarité en alternance. Mme C A justifie ainsi de l'urgence à suspendre le rejet implicite de sa demande de titre de séjour.
8. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que sa demande de carte de séjour mention " étudiant " a été implicitement rejetée en violation de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de son exécution.
9. La présente décision implique qu'il soit délivré à Mme C A un titre de séjour provisoire lui permettant de suivre un apprentissage en alternance, comportant ainsi une autorisation d'exercer un emploi salarié. Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer ce titre dans le délai de trois jours, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
10. Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de demande de titre de séjour.
Article 3 : L'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a rejeté la demande de titre de séjour de Mme C A est suspendue.
Article 4 : Il est enjoint à la préfète de l'Isère de délivrer à Mme C A, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un titre de séjour provisoire lui permettant de suivre un apprentissage en alternance.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C A, au ministre de l'intérieur et à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 2 janvier 2025.
Le juge des référés,
T. Pfauwadel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026