Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2410021
vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2410021 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 décembre 2024, M. C A doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Isère, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Isère, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision implicite refusant de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Il soutient que :
- il y a urgence : son employeur a suspendu son contrat de travail et son école réclame un titre de séjour valide pour l'autoriser à étudier ;
- l'absence de titre de séjour porte une atteinte manifestement grave et illégale à sa liberté fondamentale de travailler et d'étudier
Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'il n'y a pas d'urgence : M. A a déposé un dossier incomplet qui est en cours d'instruction et il lui a été demandé de compléter son dossier. De surcroit une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande lui a été remise valable du 19 décembre 2024 au 18 mars 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 19 décembre 2024 en présence de Mme Berot-Gay, greffier d'audience, M. B a lu son rapport ; les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est entré régulièrement en France le 28 septembre 2023. Il a obtenu des titres de séjour en qualité d'étudiant et a sollicité le 3 juin 2023 le renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du même code. Par suite, elles ne peuvent pas être présentées simultanément dans une même requête. Dès lors, les conclusions du requérant présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont irrecevables.
3. De surcroit, l'article R. 522-1 du code de justice administrative prévoit que " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. "
4. Il résulte de ces dispositions que la requête en référé tendant à la suspension d'une décision administrative n'est recevable qu'à condition d'être accompagnée de la copie de la requête à fin d'annulation de cette même décision. Or la requête en référé de M. A n'est accompagnée d'aucune copie de sa requête à fin d'annulation. Par suite, ces conclusions du requérant sont également irrecevables à ce titre.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
6. A ceux de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
7. Lorsqu'il est saisi sur le fondement des dispositions citées ci-dessus et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, résultant de l'action ou de la carence de cette personne publique, il appartient au juge des référés de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai.
8. La préfète de l'Isère fait valoir, sans être contredite, le requérant étant absent à l'audience, que M. A a déposé un dossier incomplet qui est en cours d'instruction et il lui a été demandé de compléter son dossier. De surcroit une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande lui a été remise valable du 19 décembre 2024 au 18 mars 2025. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie en l'espèce et la requête ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'Intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 20 décembre 2024.
Le vice-président, juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.