Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2410202
mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2410202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 décembre 2024, M. A B et Mme D C, épouse B, représentés par Me Dieye demandent au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de constater l'impossibilité technique à laquelle sont confrontés les requérants pour déposer leurs demandes de renouvellement de titres de séjour qui nécessite un préalable : obtenir un rendez-vous en préfecture ;
2°) de prendre toutes mesures qu'il estimera utiles afin de faire cesser l'impossibilité d'accès au service public d'accueil des étrangers, cette impossibilité empêchant manifestement la demande de rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour pour les époux B C ;
3°) d'ordonner à la préfète de l'Isère de délivrer un rendez-vous dans un délai de 15 jours aux époux B C sous astreinte de 100 euros par jour de retard, afin qu'il puise se rendre au guichet pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
4°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence est caractérisée : malgré leurs multiples tentatives pour obtenir un rendez-vous en préfecture afin de déposer leur demande de renouvellement de titre de séjour, ils se trouvent dans l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous ; les requérants ont vu leurs contrats de travail à durée indéterminée suspendus et ils sont privés de revenus, depuis 8 mois pour le requérant et depuis 1 mois pour la requérante ; ils se retrouvent alors en situation irrégulière et peuvent faire l'objet à tout moment d'une mesure d'éloignement ou d'un placement en centre de rétention administrative ; ils vivent dans l'anxiété permanente en raison de la précarité de leur situation ;
- la mesure est utile pour assurer les droits des requérants et mettre fin à la situation d'urgence ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire enregistré le 3 janvier 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Elle soutient qu'elle a délivré aux intéressés un rendez-vous en date du 17 janvier 2025.
Elle précise que les requérants ne justifient aucunement de quelconques diligences restées infructueuses tendant à se voir attribuer un rendez-vous et que cette circonstance apparaît de nature à faire obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en réplique enregistré le 6 janvier 2025, M. A B et Mme D C, épouse B, représentés par Me Dieye, déclarent se désister de l'instance tout en maintenant leur demande de condamnation de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de modification des mesures ordonnées :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. M. A B et Mme D C, épouse B déclarent se désister de l'instance. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A B et Mme D C, épouse B de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : Il est donné acte du désistement d'instance de M. A B et Mme D C, épouse B.
Article 2 : L'Etat versera à M. A B et Mme D C, épouse B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, Mme D C, épouse B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 15 janvier 2025.
Le juge des référés,
C. VIAL-PAILLER
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.