Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2500019
lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2500019 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 janvier 2025, M. A B demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer :
- à titre principal : un titre de séjour vie privée et familiale ;
- subsidiairement : une attestation de prolongation d'instruction ;
Il soutient que :
- sa situation est urgente ;
- la préfète de l'Isère porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2025 la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie car une attestation de prolongation d'instruction a été délivrée à M. B, valable jusqu'au 5 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 6 janvier 2025 à 11 heures.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de M. B.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. M. B, ressortissant béninois, demande au juge des référés saisi sur le fondement de ces dispositions d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour vie privée et familiale ou, subsidiairement, une attestation de prolongation d'instruction.
3. En ce qui concerne la demande d'injonction à titre principal, aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoit d'obligation pour les autorités chargées de l'instruction des demandes de titre de séjour d'apporter une réponse explicite à ces demandes dans un délai particulier. En l'absence d'une telle obligation, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'absence de réponse explicite à sa demande de titre de séjour " vie privée et familiale " porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir. Ses conclusions sur ce point doivent dès lors être rejetées.
4. En ce qui concerne la demande d'injonction à titre subsidiaire, il résulte de l'instruction que postérieurement à l'enregistrement de la requête de M. B, la préfète de l'Isère lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 5 avril 2025 qui lui permet de séjourner et travailler régulièrement sur le territoire français. La situation de M. B ne relève plus, dès lors, d'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Ces conclusions doivent, dès lors, également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère
Fait à Grenoble, le 6 janvier 2025.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 25000192