lundi 10 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2500260 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PORET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2025, Mme B D, représentée par Me Poret, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des décisions du 30 mai 2024 et 26 septembre 2024 par lesquelles la commission de médiation de l'Isère a refusé de reconnaître comme prioritaire et urgente sa demande de logement, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de l'Isère de reconnaître sa demande comme prioritaire et urgente dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commission de médiation de l'Isère de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle vit dans un logement humide et inadapté aux besoins de ses enfants handicapés ; elle avait des motifs légitimes pour refuser l'offre du 10 septembre 2024 à Meylan ;
- elle fait valoir des moyens sérieux à l'encontre des décisions attaquées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la décision du 26 septembre 2024 s'est substituée à la décision du 30 mai 2024 ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Mme D ne fait valoir aucun moyen sérieux à l'encontre de la décision du 26 septembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 janvier 2025 sous le numéro 2500259 par laquelle Mme D demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Chevalier, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Miran, substituant Me Poret, avocat de Mme D, de Mme D et de Mme C, représentant la préfète de l'Isère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a déposé le 13 décembre 2023 un recours devant la commission de médiation de l'Isère tendant à voir reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Par une première décision du 30 mai 2024, la commission a rejeté sa demande au motif que la requérante n'avait pas épuisé la totalité des dispositifs de droit commun existants pour permettre l'accès à un logement social et notamment qu'elle n'a pas mobilisé le plan d'action pour l'accès au logement et à l'hébergement des personnes défavorisées en Isère (PALHDI). Mme D a formé un recours contre cette décision que la commission a à nouveau rejeté le 26 septembre 2024 au motif que l'intéressée avait reçu une proposition adaptée qu'elle a refusée sans motif légitime. Mme D demande la suspension de ces deux décisions.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension des décisions contestées :
2. Les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative permettent au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
En ce qui concerne la décision du 30 mai 2024 :
3. La décision du 26 septembre 2024, prise sur un nouveau motif, s'est substituée à la décision du 30 mai 2024. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de cette dernière décision sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 26 septembre 2024 :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté, que Mme D, mère de deux enfants âgés de six ans, Mélhia et Aarone, souffrant de troubles du spectre autistique, vit dans un logement inadapté au handicap de ses enfants. Dès lors, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être considérée comme remplie, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'elle a été labellisée prioritaire pour un relogement sur le contingent préfectoral.
5. En second lieu, Mme D fait valoir que le logement qui lui a été proposé est situé à proximité immédiate de l'appartement de son ex-conjoint. Mme D a expliqué à l'audience que celui-ci est atteint de troubles psychiatriques qui le conduisent à alterner des périodes de calme où il entretient de bonnes relations avec son ex-compagne et leurs enfants et des périodes où il fait preuve d'une grande agressivité à leur égard. Par suite, dans les circonstances très particulières de l'espèce, le moyen tiré de ce que la décision du 26 septembre 2024 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision.
6. Dans ces conditions, les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision litigieuse.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. La présente décision implique que la commission de médiation de l'Isère réexamine la demande de Mme D. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la commission de médiation de l'Isère de procéder à ce réexamen dans le délai d'un mois à compter de la mise à disposition de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme D a été admise provisoirement à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Poret, avocat de Mme D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Poret de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme D par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme D.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 26 septembre 2024 de la commission de médiation de l'Isère est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à la commission de médiation de l'Isère de réexaminer la demande de Mme D dans un délai d'un mois à compter de la mise à disposition de la présente ordonnance.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme D à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Poret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Poret, avocat de Mme D, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme D par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme D.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, à Me Poret et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 10 février 2025.
Le président,
J. P. A La greffière,
A. CHEVALIER
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026