Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2500954

lundi 3 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2500954
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a examiné la demande de M. C visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour et une autorisation provisoire de séjour. La préfète de l'Isère ayant accordé un rendez-vous le 21 février 2025, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur cette partie de la requête. En revanche, la demande d'autorisation provisoire de séjour a été rejetée, faute pour le requérant de justifier d'un droit à un récépissé au sens de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'État a été condamné à verser 1 000 euros à M. C au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, M. A C, représenté par Me Terrasson, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui accorder un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans un délai de trois jours, le tout sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 250 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Il est constant que la préfète de l'Isère a accordé à M. C un rendez-vous le 21 février 2025 afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ses conclusions en injonction en ce sens.

2. M. C n'indique pas à quel titre il pourrait prétendre à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce rendez-vous, étant rappelé que l'obtention d'un récépissé est subordonnée par les dispositions de l'article R. 431-12 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'admission à souscrire une demande, et notamment au caractère complet du dossier. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de délivrer une telle autorisation provisoire doivent être rejetées.

3. Dès lors que, malgré ses diligences antérieures, M. C n'a pu obtenir de rendez-vous qu'en exposant les frais d'un procès, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser au requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en injonction tendant à se voir accorder un rendez-vous en préfecture.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 3 mars 2025.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.