Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2503358

mardi 29 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2503358
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de M. B contestant la délibération du conseil municipal de Bourg-Lès-Valence limitant son espace d’expression dans le bulletin municipal à 61 caractères. Le juge a estimé que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’était pas remplie, le requérant n’établissant pas un préjudice suffisamment grave et immédiat. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen du fond, par application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mars 2025, M. C B demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du 5 février 2025 par laquelle le conseil municipal de la commune de Bourg-Lès-Valence a modifié l'article 32 du règlement intérieur en limitant l'espace d'expression dont il bénéfice dans le bulletin mensuel d'information municipale à 61 caractères, espaces compris ;

2°) d'ordonner que soit " fixé un espace d'expression proportionné ".

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- la délibération méconnaît l'article L. 2121-27 du code général des collectivités territoriales, sa liberté d'expression garantie par l'article 10 de la Constitution, est entachée de détournement de pouvoir et méconnaît la jurisprudence.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. En l'espèce, pour justifier de l'urgence à suspendre la délibération litigieuse, le requérant se borne à soutenir que l'espace qui lui est dédié dans le bulletin d'information municipale est insuffisant et que la parution de celui-ci est imminente. Ce faisant il n'établit pas une situation d'urgence particulière. Il en résulte que la condition d'urgence n'est pas remplie. La requête doit par suite être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B.

Copie pour information en sera adressée à la commune de Bourg-Lès-Valence.

Fait à Grenoble, le 29 avril 2025.

Le juge des référés,

J. A

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2503358