Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2504322

mardi 29 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2504322
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 30 janvier 2023 du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) refusant à M. C l’autorisation d’accéder à une formation en sécurité. Le juge a estimé que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’était pas remplie, la décision datant de plus de deux ans et le requérant ne justifiant d’aucun projet professionnel concret dans le secteur. L’absence d’urgence a conduit au rejet de la requête sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 avril 2025, M. B C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 30 janvier 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer l'autorisation d'accéder à une formation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Par une décision du 30 janvier 2023, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté la demande présentée le 28 novembre 2022 par M. C tendant à obtenir l'autorisation d'accéder à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle pour exercer une activité privée de sécurité. A l'appui de son recours, M. C ne justifie d'aucune situation d'urgence alors que la décision contestée a été prise il y a plus de deux ans, que l'autorisation sollicitée avait seulement pour objet de lui permettre d'accéder à une formation sans que ne soient garanties ni sa réussite à l'acquisition des aptitudes professionnelles requises, ni la délivrance ultérieure de la carte professionnelle prévue à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, enfin que le rejet de la demande d'autorisation ne l'empêche pas d'exercer une activité professionnelle ou de diriger une entreprise en dehors du domaine d'activité de la sécurité, l'intéressé ne faisant du reste mention d'aucun projet précis dans ce secteur. Par suite, la requête de M. C ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Fait à Grenoble, le 29 avril 2025.

Le juge des référés,

V. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.