Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2504781

lundi 16 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2504781
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantGAYET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi par la préfète de l'Isère d’une demande de liquidation de l’astreinte prononcée le 5 mai 2025, a jugé qu’il n’y avait pas lieu d’y procéder. L’injonction faite à l’administration de loger Mme A avant le 30 juin 2025 était assortie d’une astreinte de 500 euros par mois. Il a été constaté que l’intéressée avait signé un bail le 9 avril 2025, soit avant l’expiration du délai imparti. En conséquence, l’administration ayant exécuté son obligation, le tribunal a décidé, en application de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, de ne pas liquider l’astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2503393 du 5 mai 2025, statuant sur la requête de Mme B A, le tribunal a enjoint à la préfète de l'Isère d'assurer son logement avant le 30 juin 2025, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 6 mai 2025, la préfète de l'Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l'astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que Mme B A est logée conformément aux préconisations de la commission de médiation et qu'elle a ainsi satisfait à ses obligations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d'une astreinte. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".

2. Par une ordonnance n° 2503393 du 5 mai 2025, statuant sur la requête de Mme B A, le tribunal a enjoint à la préfète de l'Isère d'assurer son logement avant le 30 juin 2025, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l'instruction que l'intéressée s'est vue attribuer un logement situé à Grenoble en février 2025 et a signé le bail le 9 avril 2025. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte due par l'Etat.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2503393 du 5 mai 2025.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et à Mme B A.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 16 juin 2025.

Le président du tribunal,

J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.