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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2505464

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2505464

lundi 16 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2505464
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMIRAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante étrangère d'une demande d'injonction visant à obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé. La juridiction a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de rendez-vous, la préfecture l'ayant accordé en cours d'instance. En revanche, la demande de délivrance d'un récépissé a été rejetée car elle se heurtait à une contestation sérieuse, la délivrance d'un tel document étant subordonnée au dépôt préalable d'un dossier complet. L'État a été condamné à verser 800 euros à l'avocate de la requérante au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mai 2025, Mme A B, représentée par Me Miran, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui accorder un rendez-vous afin de déposer un demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir et de lui délivrer, dans l'attente et sous un délai de quarante-huit heures, un document justifiant de son droit au séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros qui sera versée à Me Miran sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- la mesure demandée est utile en l'absence d'autre voie de droit et de procédure alternative de prise de rendez-vous et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens.

Elle fait valoir qu'elle a délivré à Mme B le rendez-vous qu'elle sollicitait.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande au juge des référés, qu'elle saisit sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui accorder un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour et dans l'attente un document justifiant de son droit au séjour avec autorisation de travail.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

5. La préfète de l'Isère ayant délivré à Mme B le rendez-vous qu'elle sollicitait, pour le 24 juin 2025, ses conclusions à fin qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de lui délivrer celui-ci ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur celles-ci.

6. La délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour étant subordonnée au dépôt d'un dossier de demande de titre de séjour complet, ce qui n'a pas encore été accompli par Mme B, la mesure demandée par cette dernière tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de lui délivrer un tel document ne peut être considérée comme ne se heurtant à aucune contestation sérieuse. Ces conclusions doivent dès lors être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

7. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () ".

8. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros à Me Miran, avocate de Mme B, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B aux fins d'injonction et d'astreinte de lui délivrer un rendez-vous.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle l'Etat versera la somme de 800 euros à Me Miran en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et à Me Miran.

Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 16 juin 2025.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25054642

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