Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2505736

mardi 17 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2505736
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui se plaignait du délai anormalement long de traitement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour. Le juge a estimé que la requête était mal fondée, car elle ne contenait ni conclusions ni moyens de droit, et qu’il n’appartient pas au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à l’administration de statuer sur une demande encore en instruction. La décision a été prise en application de l’article L. 522-3 du même code, permettant de rejeter une requête manifestement mal fondée sans procédure contradictoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2025, M. B expose au juge des référés ses doléances au regard du délai anormalement long de traitement de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée le 9 décembre 2022 en préfecture de l'Isère.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision " L'article L. 522-3 du même code dispose toutefois que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. M. B expose au juge des référés ses doléances au regard du délai anormalement long de traitement de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée le 9 décembre 2022 en préfecture de l'Isère.

3. Toutefois, outre que cette requête ne contient aucune conclusion ni aucun moyen de droit, contrairement aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, il n'appartient pas au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration de statuer sur une demande de titre de séjour encore à l'instruction. Par suite, la requête est mal fondée et doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

4. En revanche, le silence gardé par l'autorité administrative au-delà d'un délai de 4 mois est de nature à faire naitre une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour, que l'étranger est recevable à contester devant le juge de l'excès de pouvoir.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Grenoble, le 17 juin 2025.

Le juge des référés,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.