Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2506339

mardi 1 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2506339
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCHURMANN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de la décision implicite de la préfète de l'Isère refusant de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail à Mme B. La solution retenue est un non-lieu, car la préfète s'est engagée à délivrer le récépissé sollicité et a convoqué l'intéressée à un rendez-vous. L'ordonnance admet également Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et condamne l'État à verser 600 euros à son avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2025, Mme A B, représentée par Me Schürmann, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer un récépissé de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de cinq jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la requête en annulation enregistrée sous le n°2506338 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 27 juin 2025 à 10h45 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;

- les observations de Me Schürmann pour Mme B.

La préfète de l'Isère n'était ni présente ni représentée.

Un mémoire en défense, présenté par la préfète de l'Isère, a été enregistré le 27 juin 2025 à 14h15 et a été communiqué. La préfète conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision en litige et d'injonction et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Elle fait valoir qu'elle a donné un rendez-vous à la requérante pour le 15 juillet 2025 pour obtenir le récépissé de titre de séjour sollicité.

Les parties ont été informées, par ordonnance du 30 juin 2025, que la clôture d'instruction a été différée au 30 juin 2025 à 16 h 00.

Considérant ce qui suit :

1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. La préfète de l'Isère s'est engagée, dans son mémoire en défense, à délivrer le récépissé de demande de titre de séjour sollicité par Mme B et lui a adressé pour ce faire un rendez-vous le 15 juillet 2025. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en suspension de la décision implicite refusant de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour ni sur ses conclusions en injonction à cette fin.

3. Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à verser à Me Schürmann sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à Mme B.

O R D O N N E

Article 1er :Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite refusant de délivrer le récépissé de demande de titre de séjour sollicité par Mme B et d'injonction de délivrance de ce document.

Article 3 :L'Etat versera une somme de 600 euros à Me Schürmann sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à Mme B.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Schürmann et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 1er juillet 2025.

La juge des référés,

A. Bedelet

La greffière,

A. Alonso-Belmonte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2506339

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