Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2506436

lundi 5 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2506436
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B... contestant le refus de délivrance d'une carte de résident. Le juge a constaté que le requérant n'avait pas produit la décision attaquée ni justifié de la date de sa demande à l'administration, malgré une demande de régularisation notifiée via Télérecours citoyens. Cette irrecevabilité manifeste a été sanctionnée sur le fondement de l'article R. 222-1, 4° du code de justice administrative, faute de régularisation dans le délai imparti.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juin 2025, M. A... B... demande au tribunal :
- d’annuler la décision par laquelle la délivrance d’une carte de résident lui a été refusée par la préfète de l’Isère ;
- d’enjoindre à la préfète de l’Isère de réexaminer sa situation et, de procéder à la délivrance d’une carte de résident de dix ans.

Par une lettre du 23 juin 2025, le greffe du tribunal, a sur le fondement des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, demandé à M. B... de régulariser, dans le délai de quinze jours la requête, par la production de la décision attaquée ou de sa demande adressée à l’administration.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…)4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».

2. D’autre part, aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…). ». L’article R. 612-1 de ce code dispose que : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ». Selon l’article R. 611-8-6 de ce code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles (…). ».

3. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée sur Télérecours citoyens le 23 juin 2025, dont il est réputé avoir pris connaissance, à défaut d’accusé de réception, dans un délai de deux jours ouvrés en application des dispositions de l’article R. 611-8-6 précité, M. B... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, produit de copie de la décision contestée ou du document justifiant de la date du dépôt de sa demande auprès de l’administration. Par suite, la requête de M. B..., manifestement irrecevable. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er :
La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....




Fait à Grenoble le 5 janvier 2026.


Le président de la 1ère chambre,

P. Thierry



La République mande et ordonne à la préfète de l’Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.