Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2507121

mercredi 27 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2507121
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de remise de dette de prime d'activité (1 044,75 euros) opposé par la CAF de la Haute-Savoie. La requérante s’était bornée à invoquer sa bonne foi et sa situation précaire sans fournir les précisions ou justificatifs nécessaires, malgré une demande de régularisation restée sans réponse. En application des articles R. 222-1 et R. 772-6 du code de justice administrative, le tribunal a estimé que le moyen soulevé n’était pas assorti des éléments permettant d’en apprécier le bien-fondé. La décision se fonde également sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale relatif aux conditions de remise des indus de prime d’activité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2025, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 23 juin 2025 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a refusé sa demande de remise de dette de prime d'activité d'un montant de

1 044,75 euros.

Par un courrier en date du 16 juillet 2025, le greffe du tribunal a invité Mme B à régulariser sa requête en indiquant la raison de sa contestation et à transmettre au tribunal tous les documents utiles en sa possession pour justifier sa demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ". L'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ". Selon l'article R. 772-7 : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête () a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article " ;

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

3. Mme B s'est bornée à soutenir dans sa requête qu'elle n'est responsable d'aucune déclaration tardive et qu'elle est dans une situation financière précaire, sans assortir ses allégations d'aucune précision ni justificatif, notamment en ce qui concerne ses ressources et ses charges. Son moyen n'est ainsi manifestement pas assorti de précisions et éléments de justification suffisants pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Mme B a dès lors été invitée à motiver et étayer sa requête, dans un délai d'un mois, par lettre recommandée du 16 juillet 2025. Le pli contenant cette demande de régularisation a été retourné au tribunal le 13 août 2025 avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Mme B n'a pas répondu à cette invitation dans le délai imparti. Par suite, la requête ne peut être que rejetée par ordonnance en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Grenoble, le 27 août 2025.

Le président,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2507121