jeudi 31 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2507445 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PORET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2025, M. A B, représenté par Me Poret, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution, d'une part, de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de lui délivrer un certificat de résidence et, d'autre part, de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de renouveler son attestation de prolongation de l'instruction de sa demande ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et dans l'attente, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction sans délai sous astreinte de 250 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et dans l'attente, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction sans délai sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* Sur la condition relative à l'urgence :
- elle est présumée être remplie en cas de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- cette décision le place en situation irrégulière et dans une situation de précarité ;
* Sur la condition relative au doute sérieux quant à la légalité des décisions :
- la décision portant refus de certificat de résidence n'est pas motivée ;
- les dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ;
- la décision portant refus de certificat de résidence méconnaît les stipulations du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juillet 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2503626.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 1er juillet 2024 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 30 juillet 2025 à 10h30.
Après avoir au cours de l'audience publique, présenté son rapport, relevé un moyen d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de suspension dirigées contre la décision implicite portant refus de renouvellement d'une attestation de prolongation d'instruction en l'absence de requête au fond dirigée contre cette décision et prononcé, à l'issue de celle-ci, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 6 février 1966, qui déclare vivre en France depuis l'année 2000, a bénéficié d'un certificat de résidence valable du 6 octobre 2014 au 5 octobre 2024. Il a déposé une demande tendant au renouvellement de son certificat de résidence le 18 septembre 2024. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution, d'une part, de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a rejeté implicitement sa demande et, d'autre part, de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de renouveler son attestation de prolongation de l'instruction de sa demande.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
En ce qui concerne la décision relative au séjour :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er juillet 2024 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : / () / 4° A compter du 4 juillet 2024, les demandes de renouvellement du certificat de résidence valable dix ans prévu aux articles 7 bis et 7 ter de l'accord franco-algérien relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles du 27 décembre 1968 modifié () ".
6. En application des dispositions précitées de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la demande de renouvellement d'un titre de séjour doit être présentée entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque la demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque le préfet est saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour après l'expiration du délai précité, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature que le précédent.
7. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, dont le certificat de résidence expirait le 5 octobre 2024, n'a sollicité le renouvellement de ce dernier que le 18 septembre 2024 au moyen du téléservice dénommé " ANEF ", soit après l'expiration du délai mentionné au point 6. Sa demande devant alors être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature que le précédent, il ne saurait utilement se prévaloir de la présomption d'urgence attachée aux refus de renouvellement de titre de séjour. En outre, s'il soutient que la décision attaquée a pour effet de le priver du bénéfice de l'allocation aux adultes handicapés alors que son épouse ne travaille pas et perçoit le revenu de solidarité active, qu'il a été radié de la liste des demandeurs d'emploi et qu'il dispose d'une dette locative dont le montant a été fixé par le juge des contentieux de la protection le 7 mars 2024, il ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire. Par ailleurs, il s'est lui-même placé dans cette situation. Ainsi, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension dirigées contre la décision implicite refusant la délivrance d'un certificat de résidence à M. B doivent être rejetées.
En ce qui concerne le refus de renouveler une attestation de prolongation d'instruction :
9. Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
10. Si M. B présente, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions aux fins de suspension de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère aurait refusé de renouveler son attestation de prolongation d'instruction de sa demande, la requête n°2503626 ne comporte pas de conclusions aux fins d'annulation dirigées contre cette décision. Il n'a pas davantage introduit de requête distincte aux fins d'annulation de cette décision. Ses conclusions aux fins de suspension sont donc irrecevables à ce titre.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er :M. B est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Poret et au ministre de l'intérieur
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 31 juillet 2025.
Le juge des référés,
T. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2507445
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026