Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2508357

mercredi 10 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2508357
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCHURMANN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi par M. A pour obtenir l'exécution forcée d'une précédente ordonnance du 25 juillet 2025. Cette ordonnance enjoignait à la préfète de l'Isère d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler. La préfète ayant finalement délivré le récépissé demandé, le juge a constaté que l'injonction était exécutée et a prononcé un non-lieu à statuer sur la demande d'astreinte. L'Etat a été condamné à verser 600 euros à M. A au titre des frais de justice, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2507220 du 25 juillet 2025, le juge des référés du présent tribunal a enjoint à la préfète de l'Isère de procéder à l'enregistrement de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois et de le mettre dans l'attente en possession d'un document provisoire justifiant de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours.

Par une requête et des pièces enregistrées les 7 et 13 août 2025, M. C A, représenté par Me Schürmann, demande au juge des référés dans le dernier état de ses observations :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère d'exécuter l'ordonnance n° 2507220 du 25 juillet 2025 et de lui remettre dans un délai de 48 heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Schürmann au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la préfète de l'Isère n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2507220 du 25 juillet 2025 ;

- le délai pour exécuter les injonctions expirait le 4 août 2025.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que suite au rendez-vous en préfecture le 1er septembre 2025, elle a délivré à M. A un récépissé valable jusqu'au 30 novembre 2025.

Vu :

- l'ordonnance n° 2507220 du 25 juillet 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 10 septembre 2025 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de M. B ;

- et les observations de Me Schürmann, représentant M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions en exécution :

1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". Si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, assortie d' une injonction peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L.911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet par une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

2. Par une ordonnance n° 2507220 du 25 juillet 2025, le juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a enjoint à la préfète de l'Isère de procéder à l'enregistrement de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de cette ordonnance, et dans l'attente de lui délivrer un document provisoire justifiant de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours, à compter de la notification de l'ordonnance.

3. Dans son mémoire en défense, la préfète de l'Isère produit le récépissé de la demande de titre de séjour de M. A valable jusqu'au 30 novembre 2025. Dans ces conditions, l'ordonnance n°2507220 du 25 juillet 2025 doit être regardée comme ayant été exécutée postérieurement à l'enregistrement de la présente requête et, par suite, les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ont perdu leur objet.

Sur les frais de procès :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative de la requête de M. A.

Article 2 :L'Etat versera à M. A la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Schürmann et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2025.

Le juge des référés,

F. B

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2508357