Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2509787
vendredi 26 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2509787 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de M. B... concernant le refus de renouvellement de son contrat d'enseignant par le recteur de l'académie de Grenoble. Le juge a estimé que la requête était tardive, car plus d'un an s'était écoulé depuis que l'intéressé avait eu connaissance de la décision contestée (juin 2024), sans que des circonstances particulières justifient ce délai. En application des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'a pas été examinée, la demande étant manifestement irrecevable en raison de l'expiration du délai raisonnable de recours.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2025, M. B... demande au juge des référés de suspendre la décision non datée par laquelle le recteur de l’académie de Grenoble a refusé de renouveler son contrat d’enseignant.
Vu :
- la requête n° 2509579 enregistrée le 13 septembre 2025 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l’effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d’une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l’obligation d’informer l’intéressé sur les voies et délais de recours, ou l’absence de preuve qu’une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance.
3. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d’un recours administratif, gracieux ou hiérarchique contre cette décision a pour effet d’interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l’obligation d’informer l’intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai raisonnable découlant de la règle énoncée ci-dessus.
4. Il ressort des pièces du dossier que la fin du contrat de M. B... à compter du 31 août 2024 a été portée à sa connaissance en juin 2024. S’il produit un recours gracieux daté du 25 juin 2025, celui-ci n’a pas de date certaine de sorte qu’à supposer qu’il puisse être regardé comme ayant été rédigé dans l’année suivant la date à laquelle il en a eu connaissance, il n’aurait pas conservé le délai de recours contentieux. Enfin, les difficultés alléguées pour obtenir la communication des motifs de la décision et de son dossier ne caractérisent pas une circonstance particulière ayant fait obstacle à l’introduction d’un recours. Dès lors qu’à la date d’introduction de sa demande de référé, le 18 septembre 2025, plus d’un an s’est écoulé depuis que l’intéressé a eu connaissance de la décision, ses conclusions aux fins de suspension doivent donc être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Grenoble, le 26 septembre 2025.
Le juge des référés,
M. Savouré
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2025, M. B... demande au juge des référés de suspendre la décision non datée par laquelle le recteur de l’académie de Grenoble a refusé de renouveler son contrat d’enseignant.
Vu :
- la requête n° 2509579 enregistrée le 13 septembre 2025 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l’effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d’une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l’obligation d’informer l’intéressé sur les voies et délais de recours, ou l’absence de preuve qu’une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance.
3. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d’un recours administratif, gracieux ou hiérarchique contre cette décision a pour effet d’interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l’obligation d’informer l’intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai raisonnable découlant de la règle énoncée ci-dessus.
4. Il ressort des pièces du dossier que la fin du contrat de M. B... à compter du 31 août 2024 a été portée à sa connaissance en juin 2024. S’il produit un recours gracieux daté du 25 juin 2025, celui-ci n’a pas de date certaine de sorte qu’à supposer qu’il puisse être regardé comme ayant été rédigé dans l’année suivant la date à laquelle il en a eu connaissance, il n’aurait pas conservé le délai de recours contentieux. Enfin, les difficultés alléguées pour obtenir la communication des motifs de la décision et de son dossier ne caractérisent pas une circonstance particulière ayant fait obstacle à l’introduction d’un recours. Dès lors qu’à la date d’introduction de sa demande de référé, le 18 septembre 2025, plus d’un an s’est écoulé depuis que l’intéressé a eu connaissance de la décision, ses conclusions aux fins de suspension doivent donc être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Grenoble, le 26 septembre 2025.
Le juge des référés,
M. Savouré
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.